MAROC
01/03/2018 14h:16 CET

Jerada: Le gouvernement réduit de 80% la facture d'électricité des ménages nécessiteux

Mustapha El Khalfi/Facebook

DÉVELOPPEMENT - "Jerada a souffert de la marginalisation". C’est le porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé des Relations avec le parlement et la société civile, Mustapha El Khalfi, qui le reconnait, ce jeudi 1er mars, lors du point de presse hebdomadaire organisé à l’issue du conseil du gouvernement.

Le gouvernement s’engage à faire de l'équité un principe entre les régions en répondant aux besoins des habitants, dans le cadre d’un plan de développement qui se veut "global". "Dès ce mois de mars, des médecins spécialistes en cardiologie, en pneumologie et en rhumatologie ainsi qu’une ambulance seront dépêchés à Jerada", annonce le ministre, à l’occasion. Et d’ajouter que des unités médicales mobiles seront aussi et régulièrement à la disposition des citoyens.

Jerada a été entendu. El Khalfi parle d’"efforts concrets" qui ont commencé à donner leur fruit. "Depuis la visite à Jerada, il y a deux semaines, d’une délégation présidée par le chef du gouvernement, des décisions ont été prises". Et parmi celles-ci: réduire de 80% la facturation de l’électricité domestique au profit des ménages nécessiteux. Une décision accompagnée d’autres mesures, dont l’annulation des pénalités de paiement et la distribution des ampoules économiques. "400 ménages en ont bénéficié, pour l’instant", tient à préciser le ministre.

Sur ce même plan, une assistance devra concerner les personnes souffrant de silicose (maladie pulmonaire provoquée par l'inhalation de particules de poussières de silice) qui utilisent des générateurs d’oxygène. "Ce mode de génération de l’électricité augmente sa consommation", affirme le ministre, estimant que cette mesure est l'une des plus importantes prises par le gouvernement. Pour remplacer ce type de générateur, l’Office nationale de l’eau et de l’électricité (ONEE) a prévu d’installer, dès le mois de juillet prochain, des compteurs prépayés pour les habitants qui préfèrent cette option.

Organiser l'exploitation minière

Au niveau social, le ministre parle de "deux grandes mesures", à commencer par la mobilisation d’une enveloppe de 2,5 millions de dirhams au profit de la caisse de retraite et d’assurance pour régler les dossiers des malades. La seconde mesure, elle, concerne la cession des habitations exploitées par les anciens employés de la société "Charbonnages du Maroc" à ces derniers.

Pour organiser l’exploitation minière, le gouvernement a dû procéder au retrait de 7 permis d’exploitation et de 17 autres relatifs à la recherche. "Nous y avons procédé en conformité avec la loi sur les mines. Dès que nous constatons une violation, la décision de retrait est prise", lance le ministre, soulignant l’intransigeance du gouvernement face à l’exploitation minière non réglementée. A ces retraits, s’ajoute le lancement d’une enquête sur le processus de liquidation de la société "Charbonnages du Maroc" et ses biens immobiliers.

Et pour redonner vie à l’économie de Jerada, le gouvernement a une recette: "un programme de développement alternatif". "Ce sera une émergence économique nouvelle pour la région", promet Mustapha El Khalfi.

Quant aux ingrédients de cette émergence, ils résident dans la mise en place de projets ciblés à différents niveaux du secteur économique, à commencer par celui de l’énergie et mine. Il est prévu ainsi de mener une étude pour établir l’état des lieux géologique et minière pas seulement à Jerada, mais à l’échelle de toute la région.

Jerada aura, par ailleurs, la priorité d’abriter en avant-première à l’échelle nationale un projet de valorisation des déchets miniers évalué à près de 25 millions de tonnes. L’objectif est de prévenir tout impact que pourraient avoir ces déchets sur l’environnement s’ils sont abandonnés.

Dans le même état d’esprit, les unités 1, 2 et 3 de la station thermique de Jerada ont été fermées, alors que la 4e unité a été maintenue, car jugée aux normes internationales. "Les employés des unités fermées seront redéployés", rassure-t-il par l’ONEE, annonçant qu’une nouvelle centrale thermique verra bientôt le jour avec des standards internationaux de qualité ainsi qu’une centrale de l’énergie solaire.

Au volet industriel, cette fois-ci, Jerada sera dotée d’une zone industrielle d’ici le mois d’août prochain. Ce qui générera au moins 1.500 emplois, selon le porte-parole du gouvernement.

Plus de chômage, plus de "cendriers"

Des opportunités d’emplois seront plus importante dans le domaine de l’agriculture. 3.000 hectares seront mobilisés au niveau de la province pour des projets dans le secteur et permettre la création de 2.000 emplois. "50 hectares seront consacrés également consacrés à la culture de la betterave par la Cosumar", ajoute Mustapha El Khalfi.

Qui dit emplois dit aussi formation. Sur ce dernier point, Jerada disposera d’un Institut spécialisé de technologie appliquée (ISTA) équipé. L’extension et l’équipement du centre de formation professionnelle à Aïn Bni Mathar et de l’Ecole pratique des mines de Touissit sont également sur la liste du programme de développement.

Autre mesure clé pour absorber le chômage à Jerada: la création de coopératives. "Tous ceux qui travaillaient dans les puits abandonnés et cendriers" sont concernés par cet objectif. "L’opération des inscriptions a commencé et nous sommes, aujourd’hui, à 1600 idée de projets qui seront financés par l’INDH ou l’économie sociale et solidaire ou une caisse privée", explique le porte-parole du gouvernement. Et de préciser qu’il a été décidé que l’ONEE s’approvisionne en charbon auprès de ces coopératives au prix du marché. "Qu’ils soient organisés en coopératives leur permettra de bénéficier de leurs droits à la retraite, à la sécurité et à l’assurance maladie", tient-il à souligner en réponse aux revendications sociales que brandissaient ces travailleurs.

Le ministre précise, par ailleurs, que plus de 300 offres d’emplois ont été intégrées des secteurs industriels nationaux.

Un guichet a été ouvert à la préfecture de Jerada le 9 février pour accueillir les initiatives de promotion de l’emploi. "Nous sommes à un stade avancé des engagements que nous avions annoncés. Une commission en assure le suivi. Notre ambition est de rendre justice à cette région".

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