MAROC
01/03/2018 05h:44 CET

Des photos pour déconstruire les clichés sur les femmes méditerranéennes

Fatima Essabar

PHOTOGRAPHIE - En novembre dernier, l'Euro-Mediterranean Women's Foundation, organisation à but non lucrative basée en Espagne et dont le travail est de réunir tous les acteurs de la lutte pour l'égalité des genres dans la région euro-méditerranéenne, lançait le concours "Powerful women: breaking stereotypes in the Euro-Mediterranean region" ("Femmes fortes: détruire les stéréotypes dans région euro-méditerranéenne").

Une compétition de photographes dont le but est de célébrer les photos illustrant une "situation ou un moment où des femmes ont osées briser les règles et stéréotypes imposés à leur genre", explique l'organisation.

Une Marocaine en lice

Parmi les 10 photos sélectionnées, sur 120 participants, on retrouve celle de la jeune photographe marocaine Fatima Essabar, représentant Betty Lachgar, la porte-parole du groupe pour les libertés individuelles MALI. Un portrait où l'on voit la militante fumant une cigarette et tenant un tableau noir "où est inscrite la date de l'action en question et la date du jour où elle a reçu la convocation de la police intitulée 'Sans permission'".

L'action dont parle Fatima est celle réalisée en novembre dernier par Betty Lachgar et son groupe, quand, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, les militants ont déversés du colorant alimentaire rouge dans des fontaines de la capitale pour dénoncer les violences faites aux femmes.

Un happening qui n'avait pas du tout plu à la wilaya de Rabat, mais qui a poussé la jeune photographe à contacter Betty Lachgar. "Je l'ai contactée après sa dernière action, que j'ai vue comme étant une performance artistique et unique", explique la photographe au HuffPost Maroc, "une manière pacifique d'aborder ce thème et protester pour les droits des femmes".

Avec cette photo, Fatima Essabar voulait également affirmer que "le temps des violences contre les femmes est révolu". Fatima Essabar, qui n'a pas forcément fait le choix de travailler sur le droit des femmes mais pour qui "c'est peut-être la véritable vocation", déclare-t-elle. La native de Salé est pour l'instant bien partie pour être l'une des trois lauréats de la compétition.

Des histoires de femmes

Des photos racontant des histoires de femmes fortes et courageuses, comme celle de Hanane Hajj Ali, actrice d'origine libanaise qui "veut abattre les voiles qui sont devant nos yeux et nous poussent vers l'ignorance", comme l'explique la description accompagnant l'image sur Facebook, d'Ayşe Tükrükçü, une femme vendue par son mari à une maison close et qui, en 2017, a ouvert la première soupe populaire de Turquie. Des femmes parfois issues de milieux conservateurs mais qui tracent leurs propres voies, comme Rana jeune étudiante habitant dans la bande de Gaza et travaillant à mi-temps dans une forge, ou encore celle de Vered Ovadia, une israélienne issue de la communauté juive orthodoxe qui, malgré les pressions de son entourage, a quitté son mari violent.

Les 10 finalistes au concours "Powerful women: breaking stereotypes in the Euro-Mediterranean region"

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