ALGÉRIE
01/03/2018 08h:46 CET | Actualisé 01/03/2018 15h:35 CET

Poussée de fièvre autoritaire à Oran contre des associations de femmes et de minorités religieuses

An Algerian girl hides her face in behind an Algerian flag during a demonstration campaigning for women rights in Algeria in Paris March 9. Hundreds of people demonstrated in central Paris the day after international women's day.FRANCE ALGERIA
Reuters Photographer / Reuters
An Algerian girl hides her face in behind an Algerian flag during a demonstration campaigning for women rights in Algeria in Paris March 9. Hundreds of people demonstrated in central Paris the day after international women's day.FRANCE ALGERIA

A Oran, les acteurs associatifs sont dans le viseur du wali Mouloud Cherifi, à en croire la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH). Les bureaux locaux de deux associations féminines et deux églises ont été fermées sur décision du wali, a annoncé la Ligue ce jeudi 01 mars 2018, condamnant "fermement ces actes et ces méthodes d'une époque révolue".

La LADDH a exprimé sa solidarité avec les deux associations féminines "Femmes algériennes revendiquant leurs droits" (FARD) et "l'association féministe pour l'épanouissement de la personne et l'exercice de la citoyenneté" (AFEPEC). Les sièges de ces deux acteurs associations ont été mis sous scellés mardi 27 février 2018 à Oran, sur décision du wali d'Oran après proposition du Directeur de la réglementation et des affaires générales (DRAG).

La ligue affirme que cette décision a été appliquée "sans aucune décision de la justice", expliquant que le wali évoque "le motif que ces associations ne sont pas agréés".

Dans le même communiqué, cette organisation pour la protection des droits de l'Homme ont affirmé que les deux associations, "considérées comme illégales" par Mouloud Cherifi, se sont conformées "à la loi 12/06", en dépit du fait que ce texte soit "une loi scélérate et liberticide en flagrante contradiction avec la constitution algérienne et les conventions internationales ratifiées par l'Algérie".

Les militants de la Ligue rajoutent ainsi que cette loi, depuis son entrée en vigueur en 2014, "continue de ravager le mouvement associatif qui subit le harcèlement quotidien, elle traduit parfaitement les contradictions et les incohérences entre le discours et les pratiques du pouvoir et son administration en portant atteintes à liberté d'association, de réunion, d'organisation".

Dans un communiqué, l'association FARD a affirmé avoir déposé un dossier de conformité avec la loi 12/06, citant notamment le récépissé comme preuve. "Le défaut d'octroi d'agrément incombe ainsi à l'administration", ont rajouté les responsables de cette association.

L'association AFEPEC a dénoncé de son côté une décision "injuste et brutale", expliquant dans une réaction sur Facebook avoir également déposé le dossier pour se conformer à la dite loi, évoquant pour prouver ce fait l'accusé de réception du dépôt du dossier.

Deux églises protestantes fermées

L'association Eglise Protestante d'Algérie (EPA) subit également ce "harcèlement". La LADDH a annoncé dans le même communiqué, publié sur sa page Facebook, la fermeture de deux églises affiliées à Oran, le 25 février 2018 et Arzew, le 9 novembre 2017.

Les deux églises ont été qualifiées par la wilaya de "lieux de culte illégaux et non autorisés". L'église de Arzew a été accusée de tentative d'évangélisation, après avoir "imprimé illégalement des Evangiles".

La LADDH a rappelé en réaction à ces fermetures que la liberté de culte est garantie par la Constitution algérienne, "sous réserve de vérification de conformité de ces églises à la réglementation en vigueur en matière de l'exercice du culte autres que le culte musulman".

La ligue, par la voie de son vice-président, l'avocat Said Salhi, a appelé les autorités à respecter leurs engagements en matière de l'exercice des droits d'associations, de réunion, de manifestations publiques et pacifiques et du droit de culte.

Elle a également appelée à réviser la loi des associations 12/06 pour un "régime déclaratif et en respect avec les droits d'association".

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