MAROC
28/02/2018 14h:27 CET

Sortie dans les salles au Maroc de "La forme de l'eau", grand favori des Oscars cette année

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CINÉMA - Lauréat du Lion d'or à Venise en 2017, récemment auréolé de deux Golden Globes (Meilleur réalisateur pour Guillermo del Toro et Meilleure musique de film), mais aussi grand favori des Oscars cette année avec pas moins de 13 nominations, "La forme de l'eau" sort ce mercredi en salles au Maroc.

On y découvre la vie rangée d'Elisa Esposito, jeune femme muette et solitaire, qui parallèlement à son emploi de femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental ultrasecret, cultive une amitié complice avec sa collègue Zelda et son voisin, un illustrateur vieillissant. Le point de bascule? Une rencontre avec une créature fantastique à laquelle, contre toute attente, Elisa va se lier au-delà de ses espérances.

C'est une fable moderne pour grandes personnes qui nous est contée, dans l'Amérique du début des années 60. On est loin de l'imagerie pop d'un "American Graffiti", Guillermo del Toro préférant situer l'intrigue dans un décor suranné aux couleurs passées, à la gamme chromatique clin d'oeil à l'origine aquatique du personnage dont Elisa, campée par l'impeccable Sally Hawkins, va s'éprendre.

Si le film fait écho aux précédentes réalisations du maître mexicain du fantastique, notamment "L'échine du diable" ou plus récemment "Le labyrinthe de Pan", on pense immanquablement à d'autres références cinématographiques, de Jean-Pierre Jeunet à Jean Cocteau, comme si le personnage de la secrète Amélie Poulain avait perdu sa gouaille, et était tombée amoureuse de la bête (à ceci près qu'il ne s'agit pas ici d'une créature humanisée à poil long, comme l'incarnait Jean Marais dans "La Belle et la bête", mais à écailles mordorées).

La réalisation est maîtrisée, l'image et la bande-son nous plongent sans effort dans l'univers fantastique et sensuel savamment dessiné scène après scène par Guillermo del Toro. Si on peut regretter quelques longueurs et une profusion de bons sentiments, le suspense et quelques pointes d'humour bienvenues viennent dynamiser le tout.

D'aucuns y voient par ailleurs une critique de l'Amérique de Trump. Sans spoiler le déroulement de ce conte qui parle avant tout d'amour et d'acceptation, on vous laisse vous faire votre propre avis quant aux références plus ou moins appuyées aux minorités en ce moment malmenées au pays de l'Oncle Sam, des représentants de la communauté noire aux personnes handicapées, en passant par la communauté homosexuelle (voire transgenre) et étrangère.

Attention toutefois aux jeunes spectateurs intéressés: le film projeté au Maroc s'accompagne d'une interdiction aux moins de 16 ans. Si le long-métrage est actuellement estampillé "tous publics avec avertissement" en France, il avait été également assorti de la mention Rated-R (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés d'un adulte), lors de sa sortie en salles aux États-Unis.

13 nominations aux Oscars

  • Meilleur film
  • Meilleur réalisateur, pour Guillermo del Toro
  • Meilleure actrice, pour Sally Hawkins
  • Meilleur scénario original, pour Guillermo del Toro et Vanessa Taylor
  • Meilleure actrice dans un second rôle, pour Octavia Spencer
  • Meilleur acteur dans un second rôle, pour Richard Jenkins
  • Meilleur chef décorateur
  • Meilleurs costumes
  • Meilleur chef opérateur, pour Dan Laustsen
  • Meilleure musique de film, pour Alexandre Desplat
  • Meilleur montage
  • Meilleur montage de son
  • Meilleur mixage de son

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