MAROC
01/03/2018 07h:11 CET | Actualisé 01/03/2018 09h:23 CET

La région de Dakhla-Oued Eddahab veut devenir le hub du tourisme écologique au Maroc

VOYAGE - Faire découvrir aux touristes de nouveaux paysages sans laisser d'empreinte carbone ou nuire à l'environnement est aujourd'hui l'une des premières préoccupations de la région Dakhla-Oued Eddahab, qui aspire à être "le hub du tourisme écologique au Maroc". Ainsi, la seule empreinte que les visiteurs laisseront derrière eux sera leurs traces de pas sur le sable blanc de cette ville du Sahara.

Pour le délégué du ministère du tourisme à Dakhla, Daifallah Endour, l'orientation vers ce type tourisme n'est pas seulement un choix mais une nécessité.

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"Dakhla-Oued Eddahab est une région désertique caractérisée par la vulnérabilité de son environnement et la rareté des ses ressources, notamment hydriques", explique Daifallah Endour au HuffPost Maroc, lors d'une conférence organisée par le conseil de la région et l’association Nord Sud Action, le 23 février à Dakhla.

Sites d'importance écologique

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Dans cette démarche, le conseil de la région a pu labelliser certains sites touristiques pour leur attribuer un statut d'importance environnemental à l'échelle international. Parmi ces site, on retrouve la Dune Blanche, située à 30 km de Dakhla et qui offre une vue imprenable sur l'ensemble du lagon. Le site est très prisé par les touristes mais aussi par les oiseaux migrateurs dont les flamants roses. Ce site a été classé Ramsar, convention internationale qui protège les zones humides particulièrement les habitats des oiseaux d'eau, et ZICO (Zone importante pour la conservation des oiseaux).

Toute la baie de Oued Eddahab figure également sur la liste Ramsar et mais aussi SIBE (Site d'intérêt biologique et écologique). Grâce à ces statuts environnementaux, le délégué du tourisme espère "limiter les activités de pressions sur ces sites comme la pêche, ou les projets de restauration ou d'hébergements".

Éco-lodge et kitesurf

Si les investisseurs peuvent jouir d'une exonération de taxe de 5 à 10 ans, ils doivent cependant respecter certaines normes pour pouvoir ouvrir des hôtels et autres types de projets touristiques. L'utilisation de matériaux comme les sacs de sable ou le bois dans la construction est ainsi requise, tout comme le fait de recycler les déchets, de traiter les eaux usées et de profiter du soleil qui brille à longueur d'année pour produire de l'énergie solaire.

"Les hôtels doivent aussi être de taille moyenne et réduite et ne doivent pas être adressés à un tourisme de masse", ajoute-t-il.

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Malgré sa capacité d'accueil actuelle restreinte de 580 chambres, la région connaît une évolution en matière d''arrivées touristiques. "En 2012, la région a enregistré 40.000 nuitées réservées dans les hôtels classés. Ce chiffre s'est élevé à 117.000 nuitées en 2017", annonce ainsi fièrement Daifallah Endour lors de la conférence, en ajoutant que la région compte doubler sa capacité d'accueil à l'horizon 2020.

La plupart des touristes viennent de France, suivis de près par les Espagnols mais c'est surtout les kitesurfeurs, quelle que soit leur nationalité, qui peuplent l'aéroport de Dakhla. Facilement reconnaissables à l'aéroport à leur teint halé et à leurs planches colorées, ils viennent à la recherche du vent régulier, de l'ensoleillement à longueur d'année et des profondeurs minimes de la baie d'Oued Eddahab.

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"Dakhla est vraiment le spot idéal pour l'entraînement des riders professionnels, mais aussi pour l'initiation des débutants", déclare au HuffPost Maroc, Aziz Ouakrim, membre de l'association Dakhla Lagune et kitesurfer natif de la région. "Les riders peuvent se préparer à différentes conditions, entre vent faible et vent fort mais aussi sur deux plans d'eau différents entre la lagune et l'océan", explique-t-il.

La lagune a d'ailleurs accueilli la 2e épreuve de qualifications aux Jeux Olympiques de la Jeunesse 2018 du 20 au 25 février dernier, une compétition qui a réuni une soixantaine de jeunes riders africains et européens âgés de 15 à 18 ans.

Huit milliards de dirhams

Aujourd'hui, Dakhla est accessible par voix aérienne de Casablanca à raison de dix vols par semaine. La ville est également reliée à Las Palmas (îles Canaries) avec deux vols directs, et à Paris avec un vol par semaine.

Le délégué du tourisme de la ville du Sud assure que d'ici 2020, la RAM proposera 14 vols Dakhla-Casablanca par semaine. La ville du sud sera aussi accessible par une route "express" de 550 kilomètres à partir d'Agadir.

La région a également réservé 8 milliards de dirhams pour éloigner les usines de la ville, notamment les usines de sardines, et créer une zone industrielle "West Africa Free Zone", "située à une quarantaine de kilomètres de Dakhla pour préserver l'aspect touristique de la ville", d'après le conseil de la région.

Ces projets entrent dans le cadre du plan de développement de la régional (PDR) lancé en 2017 et dont le coût global s'élève à 26 milliard de dirhams. Selon le président du conseil de la région, Yanja Khatat, la région Dakhla-Oued Eddahab a déjà réalisé 30% du PDR, non seulement sur le plan touristique mais aussi en matière de logistique, de commerce, de pêche maritime et d'agriculture.

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