MAROC
28/02/2018 05h:30 CET

Éducation: Le conseil supérieur et le HCP s'ouvrent sur les universités

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COOPÉRATION - Des salves d'applaudissements pour féliciter trois partenaires. Le Conseil Supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique (CSEFRS), le Haut-Commissariat au Plan (HCP) et les universités marocaines ont scellé, ce mardi soir à Rabat, leur engagement unanime à ne ménager aucun effort pour réussir la réforme universitaire. Ils ont signé trois conventions pour l'attester et en décrire les principes fondamentaux.

Coopération alliant échanges et études, les trois partenaires ont construit des plateformes pour réaliser leurs projets communs. Parmi ces derniers, deux diagnostics devront être dressés conformément à la convention-cadre signée par la directrice de l'Instance nationale d'évaluation (relevant du CSEFRS), Rahma Bourquia, et les 13 représentants des universités marocaines publiques et privées. Le premier porte sur l'élaboration d'une étude nationale sur l'intégration professionnelle des lauréats des universités marocaines. Une autre étude est également prévue par le second diagnostic. Elle se penche essentiellement sur les étudiants des licences fondamentales.

Le CSEFRS souhaite ainsi orienter un peu plus son expertise au milieu universitaire. D'ailleurs, le président du CSEFRS, Omar Azziman, l'a bien souligné à l'ouverture de la cérémonie de signature : "Le conseil a commencé progressivement à rééquilibrer ses travaux en consacrant une part importante aux questions liées à l'université, étant une institution de sciences et de formation exceptionnelle". Pour Azzimane, l'université joue "un rôle pionnier" en matière d'"exercice de la liberté académique et de pensée", mais également en permettant aux étudiants de puiser leurs talents à différents niveaux. "C'est une locomotive du développement régional et national", a-t-il estimé.

Les universités deviennent ainsi un partenaire précieux aux yeux du CSEFRS, dont le président a signé une convention cadre avec chacun de ses 13 représentants. Les deux parties pourront, par ce biais, mettre en place un cadre référentiel de coopération. Echanges de données, réalisation de projets et création d’un observatoire de suivi et d’évaluation de l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur sont sur la liste des objectifs à atteindre. Les deux partenaires veulent également constituer un réseau d’experts et organiser conjointement des activités scientifiques et académiques.

"Nous attendions de la reconnaissance", a déclaré à l'occasion, le représentant des universités, Azzedine El Midaoui qui est président de l'Université Ibn Tofail à Kénitra. Estimant que le conseil fait preuve de "courage" en "levant des tabous" souvent sur des questions cruciales faisant défaut dans le système éducatif, il a tenu à souligner que les universités attendent d'être "intégrées bien plus qu'un technicien. L'université aujourd'hui est mûre. Accordez-nous l'autonomie!".

Face à ce vœu, le ministre de l'Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Said Amzazi, promet que son département est prêt à accompagner tout effort visant à accélérer et à mettre en oeuvre la réforme de l'école et de l'université. Il a rappelé qu'une loi cadre devra concrétiser cette réforme et que la mobilisation de chacun à son niveau permettra à ce chantier d'aller de l'avant.

Ces conventions auront certainement un rôle déterminant dans la contribution à cette mobilisation. Le CSEFRS compte sur son allié scientifique, le HCP, pour disposer d'une base de données de pointe. Omar Azzimane a signé avec le Haut-Commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi, une convention-cadre devant couronner leur coopération en l'institutionnalisant durablement.

Cette convention devra également permettre aux deux partenaires de renforcer leurs efforts pour dresser un état des lieux objectif du système éducatif. Elle devra ainsi éclairer la prise de décision liée à la promotion de l’école marocaine et mieux la préparer aux défis du nouveau projet de développement.

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