MAROC
27/02/2018 14h:20 CET

Tariq Ramadan maintenu en détention pour éviter toute récidive de viol

Author Tariq Ramadan talks with a journalist after a conference at the Er-Rahma mosque in Nantes, western France, April 25, 2010. Ramadan, a Swiss citizen of Egyptian origin who was born in Switzerland, has written extensively on Western Muslims and on Islam. He is president of the thinktank European Muslim Network in Brussels and teaches at Britain's Oxford University. REUTERS/Stephane Mahe (FRANCE - Tags: RELIGION PROFILE)
Stephane Mahe / Reuters
Author Tariq Ramadan talks with a journalist after a conference at the Er-Rahma mosque in Nantes, western France, April 25, 2010. Ramadan, a Swiss citizen of Egyptian origin who was born in Switzerland, has written extensively on Western Muslims and on Islam. He is president of the thinktank European Muslim Network in Brussels and teaches at Britain's Oxford University. REUTERS/Stephane Mahe (FRANCE - Tags: RELIGION PROFILE)

JUSTICE - La justice française avait tranché jeudi 22 février: Tariq Ramadan, mis en examen pour viols, restera en prison. De nouveaux éléments révèlent que la cour d'appel de Paris craint que l'islamologue ne récidive et commette à nouveau un viol.

Le suisse de 55 ans avait demandé sa remise en liberté suite à des complications médicales. Atteint de sclérose en plaques, son état de santé s'est détérioré en prison, mais n'est pas "incompatible avec sa détention", selon des experts médicaux.

Dans un rapport de la décision de la cour d'appel, que se sont procurés plusieurs médias français, les juges sont clairs: la mise en liberté de Tariq Ramadan présenterait le risque qu'il commette un nouveau viol. Les enquêteurs estiment que les indices et faits dénoncés par les deux plaignantes concordent et sont vraisemblables.

De plus, d'après RTL, les investigations ont permis à trois autres femmes de témoigner contre l'islamologue, dénonçant un "comportement sexuel brutal". De par ses témoignages, les magistrats ont conclu qu'il était "à craindre que l'islamologue renouvelle les faits de viol s'il était remis en liberté, même placé sous contrôle judiciaire ou muni d'un bracelet électronique". Il avait formulé la demande de résider dans le local d'une association suisse en Seine-Saint-Denis, qu'il s'est vu refusé car cette option ne représente pas une "garantie suffisante face au risque de fuite".

La cour d'appel estime d'autre part que cette détention provisoire est "l'unique moyen d'empêcher toute pression sur les témoins ou les victimes" et rappelle au passage que "les deux partis civiles ont indiqué avoir état de menaces de la part de Tariq Ramadan", ainsi qu'une témoin. Les magistrats rappellent toutefois que le maintien en prison de Tariq Ramadan ne présume en rien de sa culpabilité.

Davantage de soutiens se mobilisent

Suite à la décision de la justice française de maintenir en détention le théologien, une cagnotte en ligne a été lancée dans la foulée par sa famille, le jeudi 22 février et dans le cadre d'une campagne intitulée "Free Tariq Ramadan". Elle a atteint 100.000€ de dons en quelques jours, bien au delà des 90.000€ attendus.

Sur la page de la campagne "Free Tariq Ramadan", la famille dénonce "une machination sans nom". Les fonds récoltés devraient servir à financer "plusieurs affaires dont la bataille sera longue et coûteuse. Plusieurs procédures et de nombreux frais sont d'ores et déjà engagés", écrit encore sa famille, qui souhaite une "justice équitable et digne".

Jeudi dernier, 80 personnes, rassemblées devant le palais de justice de Paris, ont protesté contre le maintien en détention du théologien. Des manifestants qui, pour la plupart, arboraient des t-shirts sur lesquels ont pouvaient lire "Justice pour Tariq Ramadan", rapporte l'AFP. Selon l'agence de presse française, "le recteur de la Grande mosquée de Lyon et son homologue de Villeurbanne réclament la 'libération immédiate' de Tariq Ramadan en raison de son état de santé".

Au Maroc, une rencontre de soutien à l'islamologue devait avoir lieu à Casablanca samedi 17 février au théâtre Mohammed VI avant d'être finalement annulée à la dernière minute.

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