TUNISIE
27/02/2018 11h:55 CET

"Les mesures prises par le gouvernement tunisien sous la pression de l'U.E vont aggraver la situation sociale" selon cette députée européenne

NurPhoto via Getty Images
BRUSSELS, BELGIUM – 04/11/14: (L) Bodil Ceballos, Dr Kamran Matin, Marie-Christine Vergiat, Gabriele Zimmer ), delivers a speech on the Kobani attacks of Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL) and its effects in the region at the European Parliament during a conference. Jonathan Raa ? Nurphoto (Photo by NurPhoto/NurPhoto via Getty Images)

En marge d'une conférence de presse organisée par la Fondation Rosa Luxemburg à Tunis, la députée européenne Marie Christine Vergiat est revenue sur les dernières décisions de l'Union Européenne de classer la Tunisie sur différentes listes noires.

"Je pense moi que les deux listes, celle des paradis fiscaux et celle du blanchiment d'argent sont liés" affirme la députée européenne y voyant un moyen de pression sur la Tunisie dans les négociations concernant l'Accord de Libre Échange Complet et Approfondi (ALECA) négocié actuellement entre la Tunisie et l'Union Européenne.

"Je pense qu'on cherche à faire pression sur la Tunisie par rapport à la négociation de l'ALECA. On voudrait que ça aille plus vite, mais pas à n'importe quelle condition" explique-t-elle.

Pour la députée européenne, l'ALECA n'est pas favorable aux Tunisiens:"On comprend que les Tunisiens s'inquiètent de la négociation de l'accord de libre échange. Je pense que cet accord de Libre échange n'est pas favorable à la Tunisie et aux Tunisiens".

"J'ai toujours dit que je ne menais pas mes combats pour les gouvernements quels qu'ils soient, mais je mène mes combats pour la Tunisie et le peuple tunisien. Je suis une amie de la Tunisie" a-t-elle martelé.

Revenant sur la révolution tunisienne Marie Christine Vergiat affirme que l' "on oublie trop souvent que la révolution tunisienne était d'abord une révolution sociale. Elle avait pour motif la dignité. Ce n'était pas une révolution sur la démocratie et les droits de l'homme; et l'on voudrait nous faire croire aujourd'hui que c'est ça".

Pour elle, 7 ans après la révolution, la question sociale "n'a pas avancé, elle a même régressé. Les mesures prises par le gouvernement tunisien sous la pression de l'Union Européenne vont aggraver la situation sociale et c'est ce qui a motivé les manifestation du mois de janvier".

La députée du groupe Gauche Unitaire Européenne/Gauche Verte Nordique donnera mardi une conférence au siège de la Fondation Rosa Luxemburg et débattra des relations entre la Tunisie et l'Union Européenne.

Le 07 février dernier, la Tunisie a été placée sur la liste noire de la Commission européenne des pays exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme par l'Union Européenne. Lors des discussions préalables au vote au parlement européen, Marie Christine Vergiat s'était déjà emporté contre cette décision: "Mais quel signal envoie-t-on aux investisseurs et créanciers de la Tunisie. Quels dégâts auraient été faits d'ici à ce que la commission revienne sur sa proposition?".

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