TUNISIE
27/02/2018 12h:31 CET | Actualisé 01/03/2018 06h:41 CET

Ils habitent les maisons troglodytes: Aperçu sur cette vie souterraine au Sud de la Tunisie

North Africa, Tunisia, Gabes province, cave-dwelling berbere village, Matmata, Ksar Ben Aïssa, the owner Jalila Ben Slimane
Emilie CHAIX via Getty Images
North Africa, Tunisia, Gabes province, cave-dwelling berbere village, Matmata, Ksar Ben Aïssa, the owner Jalila Ben Slimane

À une soixantaine de kilomètres de Matmata, les maisons troglodytes se fondent dans les montagnes du Sud tunisien. Ce sont les ksours de la plaine de Djebel Dahar, qui comptent encore aujourd'hui quelques familles. Ces familles, elles ont choisi, ou non, de rester dans ces habitations ancestrales.

Les curieuses habitations attirent les touristes étrangers, ainsi que les Tunisiens, voulant échapper le temps d'un week-end ou de quelques jours au vacarme de leurs villes.

Ces villages sont devenus des attractions culturelles au fil du temps, surtout à partir des années 1970, quand une maison troglodyte a servi de décor pour le tournage de la célèbre Saga Star Wars.

Mais si les citadins aperçoivent les Ksours comme des sites historiques ou qu'ils s'y ruent pour y passer quelques jours de vacances, les habitants des troglodytes y passent tout leur temps.

Al Jazeera est allée en rencontrer quelques-uns. "Les derniers habitants des maisons souterraines de Tunisie", s'intitule l'article paru le 27 février 2018, sur son site.

Descendants des Berbères, ou des Arabes, qui ont peuplé les Monts du sud depuis des siècles et des siècles, beaucoup ont déserté pour se loger en ville, dans des maisons plus modernes. D'autres restent attachés à leur mode de vie, à leur héritage. Mais d'autres n'ont pas le choix... Même s'ils voulaient partir, ils n'ont pas les moyens de le faire.

Car la vie n'y est pas facile. Pas d'électricité. Pas d'eau. "La vie dans la communauté troglodyte est épuisante. Nous devons aller chercher l'eau et le bois, nous n'avons pas d'électricité et nous ne pouvons même pas installer des panneaux solaires", a déploré Monjia à Al Jazeera.

Le départ massif cache d'autres raisons. "Les conflits concernant l'héritage et les périodes de sécheresse ou de fortes pluies, qui peuvent provoquer l'effondrement des maisons, ont également contribué à l'exode rural", relaye Al Jazeera.

Pour maintenir les maisons en bon état, seulement quelques habitants de la région en gardent le savoir-faire. Hedi Ali Kayel, 65 ans, est parmi ces derniers. C'est en 1970 qu'il a creusé la dernière maison troglodyte.

"À chaque fois qu'il pleut, je viens les réparer, je ne les laisse pas se perdre", indique-t-il à Al Jazeera.

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