TUNISIE
27/02/2018 06h:06 CET

Maher Damak, ce doctorant au MIT qui se distingue aux Etats-unis par ses innovations

Maher Damak, étudiant de 28 ans en doctorat au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en Ingénierie mécanique, a été l'invité mardi de la matinale d'Express FM.

Spécialiste en mécanique des fluides, science des matériaux et phénomènes d'interfaces, il travaille principalement sur des problématiques liées à l'eau et à l'agriculture.

Durant ces 4 dernières années au MIT, il a travaillé sur deux projets principaux.

Le premier porte sur un système de collecte d'eau dans les systèmes de refroidissement dans les centrales Électriques. "Ce que peu de gens savent, c'est que la génération d'électricité consomme énormément d'eau, et il se trouve qu'il y a énormément de pertes" explique-t-il. "Nous avons donc développé un système pour récupérer ces pertes en eau et les recycler".

Cette technologie développée par le jeune tunisien a été brevetée et une start-up a été fondée "pour commencer la commercialisation cette technologie".

Cette idée a germé pendant ses études: "Au MIT, il y a des cours certes, mais il y a surtout les recherches en laboratoire qui sont très importantes". C'est dans ce cadre, que le jeune tunisien a travaillé sur cette technologie pendant plusieurs années.

"On a développé cette technologie au sein de ce laboratoire. Et quand ça a marché, on a fait le brevet puis toute la partie start-up, qui est un projet extra-scolaire, mon projet après mes études" affirme Maher.

Cela fait maintenant 4 ans que cette technologie a été développée; mais au fil des années, le jeune homme y apporte des améliorations: "Jusqu'à ce jour, nous sommes encore en train de la développer, de l'améliorer. On va commencer à la commercialiser mais il y a encore beaucoup de recherche et développement, du travail en laboratoire".

Cette technologie développée par le jeune homme part du postulat suivant: "Les centrales thermo-électriques utilisent de grandes quantités d'eau. Avant, les gens utilisaient l'eau sans se préoccuper de l'impact sur les générations futures mais aujourd'hui, avec le réchauffement climatique, les choses ont changé. Les gens cherchent à rationaliser au maximum l'utilisation de l'eau dans la génération de l'électricité. C'est d'ailleurs l'un des axes de recherche majeur aux États-Unis".

L'idée est donc qu'à travers sa technologie, la vapeur d'eau générée par les tours de refroidissement des centrales est récupérée afin que celle-ci ne soit pas perdue: "On a donc créé un système, posé au dessus des tours de refroidissement, qui utilise un champ électrique pour charger électriquement l'eau et la récupérer sur une structure dédiée à cela". Ainsi, cela permettra de recycler l'eau et la réutiliser dans les tours de refroidissements, explique-t-il.

"Pour les centrales électriques, la consommation de l'eau coûte excessivement cher. Dans certains endroits aux États-Unis, à cause de la sécheresse, il n'y a même plus d'eau. Notre technologie a donc trouvé beaucoup d'intérêt".

En effet, rien qu'aux États-Unis, Maher peut tabler sur un marché de "5000 à 10.000 centrales électriques de différentes tailles": "Si cette technologie est déployée massivement, elle peut avoir un très grand impact. La consommation en eau d'un pays comme les État-Unis pourrait être réduite significativement".

Fier d'avoir obtenu un premier client, "une centrale électrique à l'étranger", avec lequel il mène un projet pilote, Maher Damak estime que dans son domaine, "la recherche doit être continue" et ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.

Lauréat de plusieurs concours d'innovation, c'est le concours national du "Department of Energy" des États-Unis, glané avec ses camarades du MIT qui le rend le plus fier: "Des personnes de l'ensemble du territoire américain y ont participé. On a eu le premier prix. C'est un prix très prestigieux qui me rend fier".

Ce qui a fait la différence selon lui dans l'obtention de ce prix, malgré la concurrence de plusieurs équipes de haute qualité, c'était non seulement la technologie mais également "sa valeur ajoutée et le business modèle" explique-t-il.

Un deuxième projet axé sur l'agriculture

Après avoir mis sur les rails son premier projet, Maher Damak ne s'arrête pas en si bon chemin puisqu'il développe une deuxième technologie qui a pour but "de réduire l'inefficacité de l'épandage des pesticides dans l'agriculture".

"2% des pesticides utilisés dans l'agriculture se répandent effectivement sur la plante, 98% est perdue et se retrouve dans le sol ou dans les sources d'eau à cause du vent" explique-t-il.

Pour mettre fin à ce gâchis, le jeune a développé des "polymères qu'on ajoute aux pesticides qui favorisent leur adhésion aux plantes. Cela permettra de réduire la pollution.

"Si un agriculteur vaporise 100 litres par hectare, théoriquement il pourra vaporiser seulement 10 litres par hectare pour le même effet" affirme-t-il.

Ses réalisations ont permis à Maher d'être classé par le magazine Forbes parmi les 30 personnes de moins de 30 ans les plus influentes dans le domaine de l'innovation dans la catégorie "Énergies".

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