TUNISIE
28/02/2018 13h:05 CET

Khoukha, la reine de la communauté LGBTQIA en Tunisie, retrace son parcours vers la drag culture

Photo d'illustration
AFP Contributor via Getty Images
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Être drag queen n'est pas une partie de plaisir. Derrière le maquillage poudré, les seins postiches, perruque et vêtements spectaculaires, bref, le look extravagant, se cachent des histoires. Une histoire d'art, une histoire de combat.

Khoukha, avec ses airs de diva, son style glamour, son body language qui suggère la force de sa féminité, est une battante. Elle raconte à opendemocracy.net les dessous de son trajet vers la drag culture.

"J'ai grandi dans une famille conservatrice (...) Mon grand frère était abusif, ce qui nous avait tous affecté. Pour survivre, j'ai créé mon propre monde dans ma petite chambre", raconte Khouka.

En grandissant, les choses n'ont pas été plus faciles, relate le média en ligne. "Kh" (Premières lettres de son prénom) révèle son homosexualité alors qu'il est en première année à la faculté. Mais il ne se sent pas à sa place, "Plus j'étais parmi les activistes homosexuels, plus je me sentais exclue de ma propre communauté", relate-t-elle.

Khoukha se sentait rejetée et sombre dans la dépression. Pendant une année, elle ne quitta quasiment pas son lit, s'éloignant au maximum de tout contact humain.

C'est en se battant contre la dépression qu'elle se découvre enfin! Khoukha est une féministe ardue, fière, qui se bat depuis jours et nuits pour les droits des femmes.

Il y a deux ans, en 2015, "Kh" s'habille de son alter-ego, Khoukha (pêche). Elle explique le choix de son nom. "Ce choix est la preuve d'un sexisme enraciné même dans les langues". 'Khoukha', en arabe, est au féminin singulier, le nom et le pluriel sont au masculin. "L'utilisation de ces mots montrent un côté intellectuel que les gens peuvent omettre", souligne opendemocracy.

Avec la naissance de Khoukha. J'ai finalement fait la paix avec moi-même. J'ai finalement accepté d'être celle que je suis, s'exprime Khoukha

"Noun" est son deuxième alter-ego. Son côté Soufiste, représentée par un tatouage sur sa main gauche.

Durant sa dépression, ses deux alter-égo "se battaient", raconte-t-elle. Le premier représentant son côté "rebelle", l'autre, son engagement à l'abstinence et à la prière, dépeint-elle.

Khoukha a été couronnée reine de la communauté LGBTQIA. Une responsabilité qu'elle prend à coeur. "Je suis honorée de ce titre, mais parfois, cela devient épuisant. Je suis perçue comme une référence et on me demande toujours mon avis sur ce qui est juste et ce qui ne l'est pas (...) J'ai peur de décevoir. Je ne suis pas toujours forte", s'exprime-t-elle.

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