TUNISIE
27/02/2018 08h:04 CET | Actualisé 28/02/2018 09h:06 CET

Le rassemblement sécuritaire armé devant le tribunal de Ben Arous est une atteinte à l'indépendance de la justice, selon le Conseil supérieur de la magistrature

sfdgsp/FB

Le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) a considéré le rassemblement de groupes sécuritaires armés devant le tribunal de première instance de Ben Arous, venus pour soutenir leurs collègues faisant objet de poursuites judiciaires, comme étant une atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire.

“C’est un acte irresponsable” condamne le CSM dans son communiqué, publié lundi sur les réseaux sociaux.

“L’invasion du tribunal de première instance Ben Arous" porte atteinte à “l’indépendance de la décision judiciaire” et menace "les fondements d’un régime républicain démocrate.”

Le CSM a, par ailleurs, pointé du doigt la responsabilité du pouvoir exécutif face à la dégradation de la situation sécuritaire dans les tribunaux.

De ce fait, il a appelé le gouvernement à prendre les mesures légales et matérielles nécessaires pour sécuriser les tribunaux et le cadre judiciaire. Il a appelé, d’autre part, les magistrats "à s’attacher à leur indépendance et à prendre leurs décisions indépendamment et sans aucune influence”.

De leur côté, les sécuritaires ont estimé que leur présence devant le tribunal de Ben Arous était une manifestation pacifique et conforme à la loi. “La contestation pacifique est garantie par la constitution” souligne, d’ailleurs, le syndicat des Fonctionnaires de la direction générale de la sécurité publique (SFDGSP) dans un post publié sur sa page Facebook.

Il est à rappeler que le SFDGSP avait appelé l’ensemble des sécuritaires à se rassembler en masse lundi matin devant le tribunal de première instance de Ben Arous, pour soutenir leurs collègues, arrêtés pour suspicion de torture à la suite de l’arrestation d’un élément terroriste impliqué dans la formation d’une bande organisée, qui serait également impliqué dans les affaires d’assassinat de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

D'après le SFDGSP, les sécuritaires en question auraient été libérés.

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