TUNISIE
26/02/2018 09h:23 CET | Actualisé 26/02/2018 09h:24 CET

Mongi Rahoui et des syndicats sécuritaires alertent sur la protection politique et judiciaire accordée à des suspects d'actes terroristes

Le député du Front Populaire Mongi Rahoui a alerté lundi, sur la protection politique et judiciaire, qui serait accordée par la justice à certains suspects ayant participé à des actes terroristes, citant notamment Ameur El Belazi. (À partir de 28:00 dans la vidéo ci-dessus)

Celui-ci a été récemment arrêté pour une affaire de braquage de voiture. Arrêté par la police, il fût immédiatement reconnu par la femme qui a été braquée. Pendant l'enquête préliminaire, il frappé intentionnellement une vitre pour se causer des blessures, ce qui a permis par la suite à des avocats de demander à ce que les policiers soient arrêtés pour "tortures" a affirmé le Syndicat des fonctionnaires de la direction générale des unités d’intervention dans un communiqué.

"Ameur El Belazi a une immunité judiciaire qui se cache derrière une immunité politique. Ameur El Belazi est un suspect dans une affaire terroriste. Il a été jugé pour une période égale à sa période en détention" s'est exprimé Mongi Rahoui.

"Le 14 janvier dernier, il a été arrêté parmi les personnes qui ont contribué aux actes de vandalisme avec en sa possession des armes. Il a été condamné à 2 mois de prison avec sursis. Et aujourd'hui dans deux grandes affaires (...) il a été défendu par un groupe d'avocats -'les avocats des terroristes'- qui aujourd'hui dans une affaire de droit commun sont venus accuser des policiers de torture pour faire oublier l'affaire initiale" a-t-il déploré dénonçant "une protection politique conférée à ces gens-là".

"On sait que Ameur El Belazi est suspecté d'avoir transporté les armes qui ont servi aux assassinats de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi, qu'il a ensuite jeté à la mer. Une enquête a d'ailleurs été ouverte à ce sujet. Vous savez également que ses aveux avaient été enregistrés sur un CD et que ce CD a été perdu" continue-t-il.

Mais le député du Front Populaire va encore plus loin, alertant d'une menace: "Il faut que vous soyez au courant. Il y a 4 personnes placées en résidence surveillée qui se sont volatilisées et qui ont disparu des radars des forces de l'ordre. Ces quatre personnes font partie du groupe d'Ameur El Belazi" a-t-il précisé.

"Aujourd'hui nous prenons une mauvaise voie, un chemin dangereux à tous les niveaux".

Lundi, plusieurs syndicats sécuritaires ont protesté devant le tribunal de première instance de Ben Arous contre l'arrestation de 5 agents de la police judiciaire de Hammam-Lif. Ces derniers ont été arrêtés suite à des présomptions de tortures contre Ameur El Belazi.

Selon le secrétaire général adjoint du Syndicat des fonctionnaires de la direction générale des unités d’intervention Nassim Rouissi, Ameur El Belazi a affirmé avoir été torturé alors qu'un "témoin dans cette affaire a indiqué qu'il n'a pas été torturé et qu'il avait lui même brisé une vitre avec sa main".

"Il y a aujourd'hui une grande colère des policiers (...) Il y a des personnes qui ne veulent pas qu'on fasse notre travail. Les arrestations de policiers se multiplient sur la base d'accusations fantaisistes. Nous ne sommes pas au dessus des lois, au contraire nous sommes pour leurs applications. Mais là, on voit qu'il y a une volonté politique" a-t-il expliqué sur Shems Fm.

Dans un communiqué publié sur la page Facebook du syndicat, celui-ci exprime son étonnement "d'une telle hâte dans la prise de décision de la part du procureur de la République de Ben Arous".

En conséquence, le syndicat, en plus d'un appel à manifestation devant le tribunal de première instance de Ben Arous, a appelé les forces de l'ordre à ne pas sécuriser les audiences du dudit tribunal.

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