ALGÉRIE
26/02/2018 06h:02 CET | Actualisé 26/02/2018 06h:10 CET

Rougeole: les médecins appellent les parents réticents à vacciner leurs enfants

A boy is administered vitamin A drops during a house-to-house anti-polio vaccination campaign in Sanaa, Yemen October 23, 2017. REUTERS/Mohamed al-Sayaghi
Mohamed Al-Sayaghi / Reuters
A boy is administered vitamin A drops during a house-to-house anti-polio vaccination campaign in Sanaa, Yemen October 23, 2017. REUTERS/Mohamed al-Sayaghi

L'importance de la vaccination contre la rougeole et la rubéole a été soulignée par des spécialistes en pédiatrie, suite à l'apparition de nouveaux cas de rougeole dans certaines wilayas du sud, ces derniers mois, en vue de prémunir les générations futures contre les complications de ces deux virus.

Dans une déclaration à l'APS, le Pr Abdelatif Bensenouci, pédiatre au CHU Hassani Issaad (Alger) a qualifié d"'alarmant" l'apparition de cas de rougeole durant le dernier trimestre de 2017 et durant les mois de janvier et de février 2018 dans certaines wilayas du sud, suite à l'échec des deux campagnes organisées par le ministère de la Santé en mars 2017 et en janvier 2018, précisant que le taux de couverture, n'ayant pas atteint 95% chez les enfants, âgés entre 6 et 14 ans, "compliquera davantage la tâche en matière de lutte contre ces deux maladies infectieuses".

Il a déploré la réticence des parents à l'idée de faire vacciner leurs enfants, en dépit de l'absence, pendant plusieurs années, de cas de rachitisme infantile, de poliomyélite et de typhoïde, grâce au calendrier national de vaccination, adopté par l'Algérie au lendemain de l'indépendance.

Pour sa part, Leïla Smati, chef de service de pédiatrie de l'hôpital Noureddine El Atassi de Bologhine a appelé les parents qui n'ont pas vacciné leurs enfants, âgés entre 6 et 14 ans, contre la rougeole et la rubéole durant les deux précédentes campagnes, à se rapprocher des établissements de santé de proximité pour les prémunir contre les risques de ces deux maladies.

Les autorités publiques ont ciblé la tranche d'âge des enfants scolarisés, allant de 6 à 14 ans (près de 7 millions d'élèves), pour introduire les vaccins anti rougeoleux et anti rubéoleux, en dehors du calendrier national de vaccination, à l'effet de garantir une couverture globale pour les générations futures et atteindre un taux de 95%, tel que recommandé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans le cadre de sa stratégie d'éradication de ces deux maladies d'ici 2020.

Le Pr Smati a rappelé l'enquête menée par le ministère de la Santé en 2012/2013, qui établit que le vaccin anti rougeoleux avait atteint une couverture de 90 %, qualifiant cette dernière d'"insuffisante" pour mettre en œuvre la stratégie tracée par l'OMS.

Elle a, à cet effet, insisté sur l'impératif de sensibiliser toutes les catégories de la société et les associations des parents d'élèves à l'importance de la vaccination pour faire aboutir cette démarche.

La réapparition de la rougeole dans certaines wilayas sous-peuplées du sud est "inquiétante", a-t-elle dit, ajoutant qu'il "sera difficile de la contrôler" dans le cas où elle se propage dans les régions peuplées du nord.

La femme enceinte atteinte de rubéole ne risque pas seulement l'avortement mais expose également l'état de santé de son fétus à des complications, a fait savoir la spécialiste.

Le Pr Abdelkrim Soukhal, spécialiste des maladies infectieuses, a estimé que les enfants vaccinés une seule fois au neuvième mois de leur vie et n'ayant pas reçu d'autres doses lors des campagnes précédentes sont les plus exposés au virus de la rougeole, en raison d'un "déficit de leur système immunitaire", mettant en exergue l'importance de la vaccination dans le cadre du calendrier national de vaccination.

Les enfants âgés de 6 à 14 ans sont les "plus exposés" aux virus de la rougeole et de la rubéole, après l'échec des deux campagnes précédentes qui n'ont assuré que 40 % de taux de couverture nationale, a indiqué le spécialiste qui a estimé que la réticence des parents à faire vacciner leurs enfants constituait un "danger pour leur progéniture et une perte financière pour l'Etat".

Pour sa part, le Directeur de la prévention et de la promotion de la santé au ministère de la Santé, Dr Djamel Fourar a estimé que l'échec des précédentes campagnes de vaccination (mars 2017 et janvier 2018) est dû à la polémique sur l'innocuité du vaccin.

Le responsable a rappelé l'enveloppe financière importante affectée par l'Etat dans la cadre du Programme élargi de vaccination, estimée à plus de 10 milliards de dinars pour la protection de la population contre les maladies infectieuses, soulignant que ce programme a été particulièrement efficace ces dernières années, puisque l'Algérie était parvenue à éradiquer la poliomyélite, avec l'attestation de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le spécialiste a fait part de la visite prochaine d'une délégation de l'OMS et de l'UNICEF pour remettre à l'Algérie une attestation prouvant l'éradication totale du Tétanos chez les nouveau-nés, grâce à sa politique adoptée dans le cadre de la vaccination des enfants contre certaines maladies dangereuses.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.