MAROC
26/02/2018 11h:08 CET | Actualisé 26/02/2018 11h:16 CET

Pour Human Rights Watch, la loi sur les violences faites aux femmes au Maroc "comporte certaines lacunes"

Women from various regions of Morocco hold placards as they protest against violence towards women, in Rabat November 24, 2013. The placard reads, "Stopping harassment gives dignity for women".   REUTERS/Youssef Boudlal   (MOROCCO - Tags: CIVIL UNREST SOCIETY POLITICS)
Youssef Boudlal / Reuters
Women from various regions of Morocco hold placards as they protest against violence towards women, in Rabat November 24, 2013. The placard reads, "Stopping harassment gives dignity for women". REUTERS/Youssef Boudlal (MOROCCO - Tags: CIVIL UNREST SOCIETY POLITICS)

FEMMES - Le 14 février dernier, le Maroc a officiellement adopté la loi 103-13 sur les violences faites aux femmes. Ce texte, qui avait suscité un vote indifférent de la Chambre des conseillers et qui n'avait pas fait l'unanimité auprès de la société civile, promet aux femmes une protection contre certaines formes de violence, dont le harcèlement de rue, mais pas toutes celles espérées.

Dans un communiqué publié ce lundi, Human Rights Watch (HRW) qualifie cette nouvelle loi de "progrès" mais critique également de nombreux points, également pointés du doigt par les organismes marocains de défense des droits des femmes.

Pas de définition de la violence conjugale

Ainsi, si HRW considère que cette loi "instaure des mesures de prévention et fournit des protections nouvelles aux victimes", elle dénonce le fait que les femmes sont forcées de porter plainte au pénal "pour obtenir une protection", ce que "peu d'entre elles sont en mesure de faire".

L'ONG de défense des droits humains rappelle l'absence de mesures pour lutter contre le viol conjugal, une des principales critiques de cette loi. "Elle ne fournit pas de définition de la violence conjugale et ne considère pas explicitement comme un crime le viol d'une femme par son mari", précise HRW.

L'organisation pointe également du doigt le fait qu'elle "n'assigne pas de responsabilités concrètes à la police, aux procureurs et aux autres agents ou magistrats chargés de l'application des lois en ce qui concerne les affaires de violences conjugales" rapportant notamment le fait que plusieurs femmes ont expliqué à l'organisation la réticence de certains policiers à enregistrer leurs plaintes, dont une partie les a même poussées à revenir au foyer conjugal.

"La montagne qui a accouché d'une souris"

HRW n'est pas la seule organisation des droits humains ayant réagi à cette loi. La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) n'y est pas allée de main morte dans ses critiques, qualifiant la loi de "montagne ayant accouché d'une souris", selon un communiqué publié le 23 février. La FIDH dénonce notamment "une réforme ‘cosmétique’ conservatrice, insuffisante pour combattre le fléau des violences faites aux femmes et qui constitue une occasion manquée de protéger pleinement les droits des Marocaines".

Tout comme HRW, la FIDH dénonce "l’absence de pénalisation du viol conjugal" et des mesures insuffisantes pour endiguer le mariage des mineurs. "Nous sommes bien en deçà de la loi intégrale obtenue par les féministes tunisiennes l’été dernier, qui est bien plus complète, cohérente et ambitieuse", conclut la fédération.

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