MAROC
25/02/2018 08h:50 CET | Actualisé 25/02/2018 08h:59 CET

Le directeur du journal Akhbar Al Yaoum suspecté d'agressions sexuelles

Facebook / Taoufik Bouachrine

JUSTICE - Le directeur de publication du quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum et des sites Alyaoum24.com et de Soltana, Taoufik Bouachrine, est placé en garde à vue depuis son arrestation dans les bureaux du journal à Casablanca, vendredi 23 février.

Selon un communiqué publié samedi par le procureur général du roi près la Cour d’appel de Casablanca, cette arrestation est intervenue suite à plusieurs plaintes d'agressions sexuelles parvenues au parquet. "La police judiciaire poursuit ses investigations dans cette affaire, des victimes ont été auditionnées et l'enquête est toujours en cours", a indiqué le parquet dans ce communiqué. Et de préciser qu'aucune autre personne n'a été interpellée dans le cadre de cette affaire, souhaitant ainsi démentir des informations relayées par des médias attestant que d'autres personnes, notamment des journalistes, auraient été également arrêtées dans le cadre de l'affaire. "L'enquête en cours n'a aucune relation avec le métier du journalisme", a tenu à souligner le parquet.

Dans un premier communiqué publié le jour même de l'arrestation, le parquet ne s'était pas avancé sur les raisons ayant motivé l'arrestation de Taoufik Bouachrine. Il s'était ainsi contenté de déclarer que cette arrestation est intervenue dans le cadre d'investigations menées par la brigade nationale de la police judiciaire. Et de préciser que "pour préserver l'intégrité et le secret de la procédure et garantir la présomption d'innocence, l'objet de ces plaintes ne peut être divulgué à ce stade".

Le Syndicat national de la presse marocaine a réagi, dans un communiqué, à cette arrestation en exprimant sa "surprise de la manière musclée" avec laquelle Taoufik Bouachrine a été interpellé. Le syndicat a aussi indiqué que deux autres femmes journalistes et une secrétaire ont aussi été convoquées, dans le cadre de cette affaire, auditionnés, puis libérés.

Le Syndicat a précisé qu'il suit l'évolution de cette affaire de près et compte se constituer partie civile.

Dans un communiqué publié par Akhbar Al Yaoum tout de suite après son arrestation, Taoufik Bouachrine a été interpellé par "une vingtaine de policiers en fin d'après-midi". Et de préciser que les agents de polices sont entrés au siège du journal, située dans l'avenue des FAR, et ont demandé au secrétaire de ne pas répondre aux appels téléphoniques avant d'embarquer le directeur de publication.

Taoufik Bouachrine a déjà eu affaire à la justice par le passé. Il a été, plusieurs fois, poursuivi pour diffamation. Le 13 février, il a été condamné à payer une amende de 450.000 dirhams au profit des ministres de l'Agriculture et de la pêche, Aziz Akhannouch, et de l'Economie et des finances, Mohamed Boussaid, rappelle Le Desk.

Il avait été poursuivi pour avoir accusé les deux ministres d'avoir modifié un article de la loi des finances 2016 dans l'intérêt de Aziz Akhannouch.

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