ALGÉRIE
25/02/2018 12h:56 CET | Actualisé 25/02/2018 12h:56 CET

Le gouvernement algérien accuse Amnesty International "d'amateurisme" et dénonce des "allégations infondées"

Algerian anti riot police surround doctors and dentists who are completing their residency stage of their studies during a sit-in outside La Grande Poste in the capital Algiers, on February 12, 2018, as part of a three-month-long strike protesting against compulsory civil service.  / AFP PHOTO / RYAD KRAMDI        (Photo credit should read RYAD KRAMDI/AFP/Getty Images)
RYAD KRAMDI via Getty Images
Algerian anti riot police surround doctors and dentists who are completing their residency stage of their studies during a sit-in outside La Grande Poste in the capital Algiers, on February 12, 2018, as part of a three-month-long strike protesting against compulsory civil service. / AFP PHOTO / RYAD KRAMDI (Photo credit should read RYAD KRAMDI/AFP/Getty Images)

Le gouvernement algérien a déploré ce dimanche 25 février 2018 un "manque d'objectivité" de la part de Amnesty International. Les autorités ont pris connaissance du rapport de cette ONG sur la situation des droits de l'Homme en 2017 avec "étonnement", regrettant des "allégations infondées", qui ne font que "reproduire mécaniquement" des stéréotypes désuets.

Amnesty International a épinglé plusieurs violations des droits de l'Homme en Algérie dans son rapport annuel, présenté jeudi 22 février 2018 lors d'une conférence de presse à Alger.

Dans la section dédiée à l'Algérie, cette organisation a dénoncé des emprisonnements arbitraires de manifestants pacifiques, de défenseurs des droits de l'Homme de militants et de journalistes. Amnesty International a également évoqué des poursuites en justice contre des membres de la minorité religieuse musulmane ahmadie, soulignant notamment des "expulsions massives de migrants".

Amnesty International Algérie a d'abord dénoncé des violations de la liberté d'expression et de réunion. La directrice Hassina Oussedik a évoqué les "arrestations de personnes ayant pacifiquement manifesté contre le chômage ou au sujet des services publics".

Selon le même rapport annuel, la liberté de religion et de conviction a également été bafouée en Algérie en 2017. Cette ONG cite les poursuites judiciaires visant "plus de 280 membres du mouvement religieux minoritaire ahmadie.

La section algérienne a également épinglé dans sa rubrique "Droits des personnes réfugiées ou migrants" l'arrestation arbitraire et l'expulsion forcée de l'Algérie de plus de 6.500 migrants subsahariens, issus notamment du Niger et du Mali.

"Allégations infondées" !

Des faits que le gouvernement algérien qualifie pourtant de "contrevérités" et d"'allégations infondées", dans un communiqué émis aujourd'hui par le ministère des Affaires étrangères. Les autorités ont accusé Amnesty International de "reproduire mécaniquement des stéréotypes désuets".

Le rapport annuel de 2017 a ainsi reproduit des "appréciations partiales et de conclusions simplistes" de l'avis du gouvernement algérien. Les autorités ont qualifié ces "allégations", se rapportant à l’exercice des divers droits, de "errements" auxquels "nous a malheureusement habitués Amnesty international".

Le gouvernement estime ainsi que le même rapport "manque de cohérence", résultat de "l'amateurisme" de cette organisation internationale, "discréditée" en raison de son "approche douteuse" sur la question sensible des droits de l'Homme".

Les autorités algériennes, qui affirment "coopérer de bonne foi avec l’ensemble des mécanismes des droits de l’homme", ont rajouté être "déterminées de promouvoir les droits de l'Homme, combattre tout stéréotype et toute idée reçue qui fausse la perception des réalités".

Hassina Oussedik, qui a notamment déploré lors de son intervention chez Radio M la montée "des discours de diabolisation de l’autre", tant dans le monde qu'en Algérie, n'a pas omis de citer un exemple d'actualité de violation des droits à la liberté de réunion. La directrice de la section algérienne d'Amnesty International a évoqué la répression policière qui s'est abattue début janvier au centre hospitalo-universitaire (CHU) Mustapha-Pacha contre des médecins résidents, en grève depuis presque 4 mois.

Les mêmes médecins subissaient également "une chasse aux sorcières" dans les rues d'Alger, étant constamment interpellés, arrêtés et maltraités, notamment après avoir réussi à marcher dans les rues de la capitale malgré l'interdiction, rappelle-t-on.

Le gouvernement algérien a ainsi exprimé dans le communiqué émis par les AE son "aspiration à la justice, à la dignité, à la démocratie et la stabilité", quelques mois après la décision des autorités locales de la wilaya de Ghardaïa d'interdire toute manifestation, marche, attroupement ou sit-in sur la voie publique.

LIRE AUSSI: En Algérie, comme dans le monde, les discours de diabolisation ont marqué 2017 (Amnesty International)

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.