TUNISIE
23/02/2018 11h:24 CET | Actualisé 23/02/2018 11h:28 CET

"Il Corriere di Tunisi", le seul journal italien qui continue à apparaitre à Tunis: Empreinte d'une Tunisie plurielle

Facebook/Il Corriere di Tunisi pagina ufficiale

"Présence italienne au coeur de Tunis", stipule le journal Le Monde. Un article paru sur ce dernier évoque "Il Corriere di Tunisi", le seul journal italien qui continue à paraitre dans le monde arabe, notamment en Afrique du Nord.

Dans un vieil immeuble de Tunis, pas loin de la Medina, se confine l'établissement de l'imprimerie, là où se conçoit le journal, jusqu'à ce jour, régit par Léa Finzi, après le décès de son mari, Elia Finzi, arrière petit fils du fondateur de la maison, Giulio Finzi.

"Il Corriere di Tunisi" créé en 1869. Après l'arrivée de Guilio Finzi à Tunis.

Issus d'une lignée de juifs de Livourme, en Tocane, les Finzi se sont installés à Tunis en 1829. En ce temps où la Tunisie était devenue un refuge pour les révolutionnaires italiens, chassés par la répression. Guilio jouait alors souvent l'intermédiaire entre l'autorité beylicale et les rebelles qui se réfugiaient en Tunisie. Son fils, Guiseppe Garibaldi a oeuvré comme instructeur militaire dans l'armée du Bey de Tunis.

La signature du traité de Bardo et le début du protectorat français coïncide avec l'arrêt de production du journal en question, en 1881.

Ce n'est qu'en 1956, l'année de l'indépendance de la Tunisie, que l'activité du journal a repris. Les tensions diplomatiques et les conflits entre les Français et les Italiens avant cela étaient à leur comble.

"Aussi la plupart des Italiens de Tunisie vécurent avec sympathie l'ascension du pays à l'indépendance en 1956, c'est d'ailleurs à ce moment-là, et ce n'est pas un hasard, qu'Elia Finzi relance Il Corriere di Tunisi", lit-on sur Le Monde.

L'imprimerie Finzi est sans doute le miroir de cette mémoire italienne en Tunisie. Mais "c'est une mémoire qui s'efface", s'est adressé Lea Finzi au journal Le Monde. Pourtant Lea Finzi, sa fille Sylvia, qui a emboîté le pas de ses parents, continuent à faire vivre ce journal, héritage qui rappelle la forte présence de la communauté italienne à travers l'Histoire de la Tunisie, la "Tunisie plurielle", selon Sylvia Finzi.

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