TUNISIE
22/02/2018 14h:32 CET

Tunisie - Mortalité infantile: Un bébé sur 123 décède moins d'un mois après sa naissance

Doctors holding newborn baby boy.
Petri Oeschger via Getty Images
Doctors holding newborn baby boy.

Alors que l'espérance de vie s'allonge, la mortalité infantile reste un mal bien ancré dans le 21e siècle. 2,6 millions de nourrissons meurent chaque année dans le monde, dénonce l'Unicef dans un rapport rendu public mardi. Un million d’entre eux rendent leur dernier souffle le jour même de leur naissance.

Des chiffres accablants qui dévoilent les dangers qui menacent “les plus jeunes citoyens du monde”. La naissance et les 28 jours qui la suivent constituent, en effet, la période la plus dangereuse de la vie de l’enfant.

D’après l’Unicef, près de 80% des décès de nouveau-nés sont dus à un accouchement prématuré, à des complications pendant le travail et l’accouchement et à des infections telles que les septicémies, les méningites et les pneumonies.

“Des millions de jeunes vies pourraient être épargnées chaque année si les mères et les bébés avaient accès à des soins de santé abordables et de qualité, à une nutrition correcte et à de l’eau potable” regrette l’Unicef.

Ces dernières décennies, le nombre de décès d’enfants âgés de 1 mois à 5 ans a considérablement diminué. Cependant, les progrès réalisés dans la réduction du nombre de décès de nouveau-nés (ceux âgés de moins d’un mois) ont été moins impressionnants, puisque 7.000 nouveau-nés meurent encore chaque jour.

Par ailleurs, les chances de survie des nouveau-nés varient énormément d’un endroit à l’autre. Au japon, par exemple, le taux de mortalité infantile est de l’ordre de 1/1000 contre 1/22 au Pakistan, affirme le rapport.

En Tunisie, le taux de mortalité infantile s’est établi à 8,1/1000 soit un bébé sur 123, contre 12,8/1000 en Egypte, 17,8/1000 au Maroc et 15,6/1000 en Algérie.

unicef

L’Unicef affirme que les chances de survie des nouveau-nés sont étroitement liées au niveau de revenu du pays dans lequel ils voient le jour.

Dans les pays à revenu élevé, le taux de mortalité néonatale moyen (nombre de décès pour 1000 naissances vivantes) est de seulement trois pour 1000 . En comparaison, les pays à revenu faible présentent un taux de mortalité néonatale de 27 pour 1000.

unicef

Par ailleurs, les taux de mortalité nationaux cachent souvent des disparités au sein même des pays: les bébés nés d’une mère sans instruction risquent presque deux fois plus de mourir pendant la période néonatale que les bébés nés d’une mère titulaire d’au moins un diplôme d’études secondaires. De même, les bébés nés dans les familles les plus pauvres ont 40 % plus de risques de mourir pendant la période néonatale que ceux nés dans les familles les moins pauvres.

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En se penchant sur les causes profondes de ces décès, l’Unicef constate que ces bébés ne meurent pas uniquement pour des raisons médicales, mais aussi à cause de la pauvreté. “Ils périssent parce que leurs familles sont trop pauvres ou marginalisées pour leur offrir les soins dont ils ont besoin. De toutes les injustices du monde, celle-ci est sans doute la plus criante” a souligné l'organisation.

Le manque de personnel de santé compétent est le principal problème des pays pauvres, précise l’Unicef.

Ainsi, en Somalie, où le taux de mortalité néonatale est l’un des plus élevés au monde (39 pour 1000), il n’y a qu’un médecin, une infirmière ou une sage-femme pour 10.000 habitants.

Par comparaison, en Norvège, pays qui affiche un taux de mortalité néonatale de 2 pour 1000, ces professionnels qualifiés sont au nombre de 218 pour 10.000 habitants.

baby newborn

De ce fait, plus de 80% des décès peuvent être évités grâce à des sages-femmes formées, de l'eau potable, des produits désinfectants, une bonne alimentation, ainsi qu'un allaitement dès la première heure et un contact physique entre la mère et son bébé.

Ainsi, une campagne mondiale intitulée Pour chaque enfant, une chance de vivre a été lancée par l’Unicef pour venir en aide des pays souffrant d’un taux de mortalité infantile élevé.

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