TUNISIE
22/02/2018 06h:29 CET

Le député Mondher Belhaj Ali accuse Ennahdha d'être derrière la censure de son passage télé sur El Hiwar Ettounsi

Le député Mondher Belhaj Ali a accusé mercredi la chaine El Hiwar Ettounsi et son émission "Klem Ennes" de censure après qu'un "passage de 30 minutes" ait été supprimé au montage a-t-il indiqué dans une publication sur sa page Facebook.

"Aujourd'hui, j'ai encore plus peur pour Tunisie qu'auparavant" a-t-il débuté. "La censure est revenue à la télévision (...) Il apparait qu'il n'est plus possible de critiquer Ennahdha dans les médias".

Mondher Belhaj Ali a exprimé son "étonnement" de voir coupé au montage "pas moins de 30 minutes" sur la mauvaise gestion du pays lorsqu'Ennahdha était au pouvoir notamment en matière budgétaire: "Avec des chiffres et des références légales à l'appui, c'est ce que j'ai affirmé. C'est la première évaluation chiffrée de ce qu'Ennahdha a pris de l'État tunisien" a-t-il expliqué.

"Pourquoi Ennahdha perd ses nerfs et a tant peur de la vérité pour recourir à la censure et violer de manière flagrante la liberté d'expression?" s'est-il interrogé accusant directement le parti d'être derrière la suppression de ce passage.

"S'ils s'imaginent qu'ils sont capables de faire taire toute voix libre dans notre pays, ils font des erreurs" a-t-il ajouté promettant qu'il fera éclater la vérité "pour que chacun assume ses responsabilités".

"Après l'Islam politique qui a évolué pour devenir 'démocrate'...il semble que c'est comme ça que s'exerce 'la démocratie d'Ennahdha'" a-t-il conclu.

"Je ne suis pas concerné par les élections municipales"

Lors de son passage dans l'émission, Mondher Belhaj Ali est revenu sur les élections municipales qui se dérouleront le 06 mai 2017 en affirmant qu' "il n'est pas concerné par les élections municipales". Selon lui, "les élections municipales supposent deux choses: la décentralisation d'un côté, et la discrimination positive de l'autre. Or pour y arriver il manque un cadre légal jusqu'à ce jour".

Si le code des collectivités locales sera probablement adopté au mois d'avril selon Riadh Mouakher, ministre des collectivités locales, celle-ci pourrait arriver après les élections en cas de "recours devant la Cour Constitutionnelle" prévient Mondher Belhaj Ali.

Par ailleurs, le député a pointé du doigt "la désinformation opérée par l'ISIE, Ennahdha et Nidaa tounes" qui affirment que le nombre de listes candidates est satisfaisant. "On est supposé avoir 20 fois plus de listes que lors des élections législatives, or on en a moins. Si le nombre de listes candidates est famélique, alors qu'en sera-t-il du nombre d'électeurs?!" s'est-il interrogé.

Le député s'interroge également sur la cohérence de l'organisation de ces élections: "On fait des élections municipales alors que les municipalités n'ont pas d'argent? Ils n'arrivent même pas à assurer le ramassage des ordures!".

Selon lui, les élections municipales aujourd'hui, ne feront qu' "approfondir la crise politique actuelle" ajoutant que "personnellement, il sera très probable que je n'aille pas voter".

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