TUNISIE
22/02/2018 13h:33 CET | Actualisé 22/02/2018 13h:33 CET

La Tunisie meilleur pays d'Afrique du Nord en matière de lutte contre la corruption, selon Transparency International

Dans son édition 2017 de l'Indice de perception de la corruption, Transparency International dresse la situation de la corruption partout dans le monde, notamment dans les pays de la région MENA dont la corruption se montre en nette augmentation.

En effet, selon l'Organisation, la quasi-totalité des États arabes obtiennent un score de moins de 50/100, principalement à cause de la corruption dans le secteur public.

La Tunisie obtient le score de 42/100, gagnant ainsi un point par rapport à l'année 2016, et réalisant son meilleur score en 6 ans. Avec cette note, elle arrive en 74e place sur 180 pays avec le Lesotho et le Burkina-Faso, précédant ainsi la Chine et arrivant après l'Afrique du Sud.

Selon Transparency International, seuls la Jordanie, le Liban et la Tunisie prennent des mesures "positives" dans la lutte contre la corruption, contrairement au reste des pays de la région MENA.

De minuscules efforts traduits par une stagnation des scores pour le cas de la Tunisie, qui en 2012 avait obtenu 41/100, enregistrant par la suite une chute durant les années 2014-2015, pendant lesquelles elle est passée à 38/10.

Evolution des scores de la Tunisie depuis 2012

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Transparency International estime que "les systèmes politiques des États arabes sont contrôlés par des élites dirigeantes qui abusent du pouvoir à des fins personnelles au détriment de millions de citoyens défavorisés", ce qui garde ces pays en dessous de la moyenne en terme de transparence.

Mais la Tunisie se distingue de ses voisins par sa société civile très active, tandis que les droits de l'hommes au Maroc et en Égypte sont bafouées selon l'ONG, et que les libertés ne sont toujours pas acquises.

Transparency International se sert d'ailleurs de l'exemple des dernières manifestations dans la région du Rif au Maroc, que les forces de l'ordre marocaines avaient violemment réprimées.

Au niveau continental, la Tunisie arrive 9ème, faisant mieux que le Maroc qui se classe 81e sur 180 pays, l'Algérie (112e) et l'Égypte (117e). Le Botswana est cependant le meilleur pays africain en matière de transparence, et réalise le score de 61/100, se positionnant 34e sur le plan mondial. Il est suivi des Seychelles, du Cap-Vert, et du Rwanda.

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S'agissant des pays Arabes, les Emirats arabes unis arrivent en premier, et se placent en 21e place avec un score de 71/100. Ils sont suivis du Qatar, de l'Arabie Saoudite, et de la Jordanie.

Le Yémen, la Syrie et la Somalie arrivent quant à eux derniers parmi les États arabes.

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Sur le plan mondial, la Nouvelle-Zélande et le Danemark arrivent en tête de liste avec des scores respectifs de 89 et 88/100, tandis que la Syrie, le Soudan du Sud et la Somalie arrivent en dernier, avec des scores respectifs de 14, 12 et 9.

Le rapport révèle aussi qu’au cours des six dernières années, plusieurs pays ont sensiblement amélioré leur score. Il s’agit en particulier de la Côte d'Ivoire, du Sénégal et du Royaume-Uni, tandis que plusieurs pays ont décliné, notamment la Syrie, le Yémen et l'Australie.

Selon Transparency International, la solution au problème de corruption dans les États arabes et ceux d'Afrique du Nord réside dans la puissance de la volonté politique, qui doit être sincère et réformatrice. Les gouvernements arabes doivent, selon l'ONG, impliquer davantage la société civile dans cette lutte, estimant que celle-ci pourrait avoir un rôle crucial à jouer.

"Sans une réforme sérieuse, la corruption continuera à prospérer, exacerbant encore l'instabilité politique et économique de la région et entravant son développement social et économique" estime Transparency International.

Le président de l'Instance Nationale de Lutte Contre la Corruption, Chawki Tabib, a estimé que l'avancement de la Tunisie d'un point dans cet indice, constitue une "légère" amélioration qui reste insuffisante.

"L'amélioration de ce classement dépendra d'un engagement sérieux du gouvernement dans le démantèlement du système de la corruption, la création d'un environnement réaliste pour le combattre et l'encouragement des politiques de la bonne gouvernance", a-t-il souligné à la TAP.

Selon Tabib, l'État est appelé à combattre la corruption non pas uniquement à travers la signature d'accords mais aussi en imposant la mise en application des textes de loi.

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