MAROC
22/02/2018 12h:20 CET | Actualisé 22/02/2018 12h:21 CET

Saad-Eddine El Othmani annonce que des dizaines de responsables sont suspectés de corruption

Saad Eddine El Othmani/Facebook

CORRUPTION - "L’indice de perception de la corruption de Transparency nous a classés en 81ème position. Nous avons réussi à améliorer notre classement de 9 points. Malheureusement, cela reste insuffisant". Le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, a profité de la réunion du conseil du gouvernement, ce jeudi 22 février, pour demander à son équipe de redoubler d’effort pour permettre au Maroc de grimper un peu plus dans ce classement.

Pour preuve de cette volonté politique, le chef du gouvernement a précisé qu’"un certain nombre de responsables font l’objet d’enquête (…) Nous ne pouvons pas, à chaque arrestation, dénoncer un responsable ou un autre tant que la justice n’a pas émis de condamnation".

El Othmani n’a pas de chiffre à donner sur le nombre exact des dossiers liés à la corruption impliquant des responsables, mais une estimation de quelques dizaines. Des dossiers qui font suite, d’après lui, à des plaintes directes et des dénonciations via le numéro vert du ministère de la Justice. Mais ces dossiers peuvent aussi être l’issue "de rapports dressés par les inspections générales ou autres et/ou par la Cour des comptes. Tous sont soumis à la justice", a-t-il tenu à préciser. Et d’ajouter que le gouvernement réfléchit au moyen de permettre à l’opinion publique de suivre l’évolution de ce dossier.

Transparence oblige, El Othmani estime que son gouvernement doit tenir cet engagement notamment en procédant à la révision de lois et de décrets. "Nous voulons élever le niveau de transparence de tous les secteurs", a-t-il promis.

Autre exemple de cette volonté d’instaurer la transparence, El Othmani a rappelé le lancement du portail de gestion des réclamations "chikaya.ma". "Le plus important dans ce portail, c’est qu’il nous permet de suivre les réactions des différentes administrations, connaître celles qui réagissent et celles qui ne le font pas et d’évaluer la consistance du contenu qu’elles produisent dans ce cadre", a-t-il estimé avant de lancer un appel aux citoyens, aux associations et aux médias pour apporter leur eau au moulin de la lutte contre la corruption.

Rappelant que son gouvernement s’est d’ores et déjà lancé dans la mise en place d’une stratégie visant à lutter contre la corruption, El Othmani a annoncé que la commission nationale en charge de cette mission se réunira dans un mois. Les sous-comités qui la composent auront ainsi préparé une évaluation générale de l’état des lieux à travers les différents secteurs.

Pour rappel, le décret portant création de la commission nationale vise d’en faire un mécanisme de gouvernance chargé du suivi de l’exécution et de l’évaluation des différentes orientations stratégiques, des projets et des actions susceptibles de renforcer l’intégrité, l’éthique et la transparence.

La commission nationale est présidée par le chef du gouvernement et composée de représentants de départements ministériels concernés et des instances de gouvernance. Elle devra se réunir de manière périodique à la demande de son président.

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