TUNISIE
22/02/2018 10h:08 CET | Actualisé 22/02/2018 10h:13 CET

Néji Bghouri: "La seule chose qui intéresse le gouvernement, c'est comment mettre la main sur les médias"

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Le président du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) Néji Bghouri a réitéré jeudi son appel au gouvernement pour retirer le projet de loi relatif à l'Instance audiovisuelle.

"La seule chose qui intéresse le gouvernement, c'est comment mettre la main sur les médias" s'est-il alarmé.

Selon lui, ce projet de loi restreindrait la liberté de la presse et toucherait à l'indépendance de l'Instance. "Aucune de nos propositions n'a été prise en considération" a déploré Néji Bghouri en marge d'une journée d'étude relative au projet de loi à l'Assemblée des représentants du peuple.

Il a, en outre, regretté le comportement du ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits de l’homme Mehdi Ben Gharbia. "La définition de la consultation selon Mehdi Ben Gharbia, c'est qu'on assiste à des réunions, on l'écoute parler et puis il décide de n'en faire qu'à sa tête".

Par ailleurs, il a affirmé que les médias publics n'étaient pas encore totalement indépendants et libres, les qualifiant de "médias gouvernementaux qui ne sont pas encore passés à des médias publics".

"Les nominations à la tête des médias publics dépendent de la proximité avec le gouvernement" a-t-il indiqué.

S'il s'en est pris aux médias publics, Néji Bghouri a également reproché aux médias privés l'absence de transparence dans leurs financements.

Invité de la radio Shems Fm, mardi, le ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits de l’homme Mehdi Ben Gharbia a affirmé "respecter tous les avis".

Indiquant avoir mené des consultations avec les professionnels du secteur médiatique, il a ajouté que "ce n'est pas parce que quelqu'un donne son avis, que l'on va le prendre en considération à 100%. Notre rôle est d'écouter tout le monde et de présenter un projet de loi qui correspond à la réalité du pays, qui est garant de l'indépendance des médias et de l'Instance".

Décrié par les professionnels du secteur, ce projet de loi dote "l'Instance tous les pouvoirs qui existent conformément au décret 116, et on les a même renforcés" a affirmé Ben Gharbia.

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