TUNISIE
21/02/2018 12h:26 CET

En Tunisie, 161400 hectolitres de bières et 200 millions de bouteilles de vin sont consommés annuellement

Westend61 via Getty Images

Bières, vins ou liqueurs, les Tunisiens en consomment à flot. Selon le dernier décompte de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Tunisie arrive à la 33ème place en Afrique en matière de consommation d'alcool, avec 1,26 litres d'alcool pur par an et par habitant de plus de 15 ans. Des chiffres qui classent la Tunisie en tête des pays de de l'Afrique du Nord.

Le journal Akher Khaber a interrogé l'économiste Mourad Hattab sur l'apport économique et financier de cette consommation. 161.400 hectolitres de bières et 200 millions de bouteilles de vin sont consommés annuellement, a-t-il affirmé. La consommation a augmenté de 22% depuis 2011. (vidéo ci-dessous)

La valeur des transactions dans ce secteur atteint 600 milliards de dinars par an. L'État en profite avec 75 millions de dinars à titre d'impôts. En terme d'employabilité, le secteur représente un million d'heures de travail par an et permet l'activité de 340 agriculteurs, et ce en tenant compte de la phase de production seulement, a précisé l'économiste.

Les revenus de l'alcool représentent plus d'un quart des ressources touristiques. Cependant l'exportation des boissons alcoolisées locales reste négligeable, a-t-il noté.

Cette forte consommation n'est pas synonyme de beaucoup de dépenses. Le Tunisien dépense 200 dinars par an pour sa consommation d'alcool, "ce qui est peu important", souligne Mourad Hattab, qui explique que les Tunisiens sont de grands consommateurs comparés aux Français, Italiens ou Allemands, mais consomment les boissons à faible alcool éthylique.

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La marginalisation du secteur par l'État

L'économiste déplore "le peu d'intérêt" et "les fautes" de l'État en ce qui concerne la taxation sur les produits alcoolisés, avec dans un premier temps la suppression des taxes sur les liqueurs puis avec la mise en place de davantage de taxes par une augmentation de la TVA à 28%.

Mohamed Houas, directeur exécutif de la Fédération tunisienne des restaurants touristiques pointe du doigt "les contradictions" des politiques de l'État en la matière. Il fustige la surtaxation des produits locaux et son aspect inégalitaire avec 19% de TVA imposée sur la consommation dans les restaurants touristiques et 6% de TVA dans les hôtels.

Selon lui, cette surtaxation dans les restaurants touristiques rendrait la consommation d'alcool incontrôlable pour l'État avec des clients qui se dirigent vers des lieux de consommation inconnus "au lieu de les maintenir dans des endroits légaaux", a-t-il souligné.

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