MAROC
21/02/2018 07h:07 CET

Syrie: 250 morts en 48h dans des bombardements à la Ghouta orientale, l'ONU appelle à un cessez-le-feu

Un homme marche sur des ruines après un bombardement à Douma, dans la Ghouta orientale près de Damas, Syrie, 9 février 2018.
Bassam Khabieh / Reuters
Un homme marche sur des ruines après un bombardement à Douma, dans la Ghouta orientale près de Damas, Syrie, 9 février 2018.

SYRIE - Le bilan est lourd. Près de 106 personnes ont péri mardi lors de bombardements des forces syriennes dans la Ghouta orientale. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) dénombre 250 morts en 48h.

Il s'agit des bombardements ayant provoqué le plus de morts en 48h dans ce secteur, situé à la périphérie de la capitale Damas, depuis l'attaque chimique de 2013 ayant fait des centaines de morts parmi la population et les combattants de cette partie tenue par les rebelles, précise l'OSDH qui fait état de 1.200 blessés.

La France a dénoncé, mardi, une "grave violation du droit humanitaire" dans cette région et appelé les Nations unies à agir afin d'imposer une trêve humanitaire. Le coordinateur régional des Nation unies pour la crise syrienne, Panos Moumtzis, a condamné, mardi, le bombardement de cinq hôpitaux dans la Ghouta orientale, qualifiant les attaques intentionnelles contre des installations médicales de "crimes de guerre".

A Genève, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), a exprimé dans un communiqué son indignation devant le nombre d'enfants figurant parmi les victimes des bombardements.

"Aucun mot ne pourra rendre justice aux enfants tués, à leurs mères, à leurs pères et à leurs proches", a regretté le directeur régional de l'UNICEF, Geert Cappalaere. Selon l'OSDH, 58 enfants ont été tués depuis le début de l'escalade dimanche.

Rappel à l'ordre de l'ONU

D'autre part, l'Organisation des Nations unies (ONU) a réclamé, lundi, l'instauration d'un cessez-le-feu estimant que la situation "échappait à tout contrôle". Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, "très alarmé" par la situation dans la Ghouta orientale, en Syrie, a rappelé, mardi soir, aux garants des accords d’Astana leurs engagements concernant la désescalade dans cette localité de l’est de Damas.

La Ghouta orientale est l’une des quatre régions concernées par les accords de désescalade conclus à Astana (Kazakhstan), a souligné Guterres dans un communiqué, rappelant à "toutes les parties, en particulier aux garants des accords d'Astana, leurs engagements à cet égard".

À ce jour, près de 400.000 personnes ont été victimes dans cette localité de "frappes aériennes, de bombardements et de pilonnages", selon l’ONU.

L’organisation souligne qu’en raison du siège de la région par les forces syriennes, les habitants vivent aujourd'hui dans des conditions extrêmes, "y compris la malnutrition" et plus de 700 personnes ont besoin d'une évacuation médicale immédiate.

Le Secrétaire général exhorte, dans le communiqué, toutes les parties prenantes à veiller à ce que les principes fondamentaux du droit international humanitaire soient respectés, notamment un accès humanitaire sans entraves, des évacuations médicales inconditionnelles et la protection des civils et des infrastructures civiles.

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