TUNISIE
21/02/2018 07h:29 CET | Actualisé 21/02/2018 08h:21 CET

Pour le secrétaire général de l'UGTT, il est temps de changer certaines personnes au gouvernement et à la tête des entreprises publiques

Facebook/UGTT

En marge du Congrès régional de l'UGTT à Sidi Bouzid, le secrétaire général de l'Union Générale Tunisienne du Travail Noureddine Taboubi a imputé au gouvernement de nombreux échecs dans sa politique économique et sociale notamment vis-à-vis de l'enseignement, de la santé et du développement régional affirmant que "l'heure est venue de penser à changer certaines personnes au gouvernement pour trouver des solutions".

"Il faut trouver des réelles solutions capables de sauver le pays" a-t-il poursuivi ajoutant que "ce n'est pas avec des mains tremblantes" que le pays sortira de la crise.

Invectivant certains partis politiques et responsables du pays, il appelle à ce que chacun assume ses responsabilités: "Chaque responsable, quelque soit son niveau, a une obligation de résultat. Ce n'est pas en pleurnichant que vous y arriverez".

"Le peuple vous a élu (...) pour garantir sa force, sa sécurité et sa dignité" a-t-il affirmé avant d'ajouter: "Le pays n'est la propriété d'aucun dirigeant politique" a clamé Taboubi promettant qu'aucun retour en arrière n'aura lieu grâce à la vigilance de l'UGTT et de la société civile.

Le secrétaire général de l'UGTT a également indiqué accorder sa confiance au peuple tunisien "pour punir ceux qui ont fait des erreurs" et "gratifier ceux qui ont travaillé pour le pays".

"Il faut qu'il y ait une concurrence au niveau des programmes, des choix politiques qui prennent en considération les accomplissements du peuple (...) Il ne faut pas vendre de rêves aux gens -et ils en sont conscients- pour des votes ou pour obtenir un poste politique, parce que la punition du peuple sera violente: La démocratie ne donne pas de chèque en blanc!"

Poursuivant son discours face aux militants régionaux Taboubi atteste que "l'UGTT restera en travers de la gorge de ces spéculateurs comme un de ces spécialistes qui parle de transparence et de gouvernance et qui s'avère être un informateur qui complote contre la sécurité de la Tunisie".

Intervenant sur la radio Mosaïque FM, le secrétaire général de l'UGTT a tenu à apporter des précisions sur ces propos. Il a affirmé qu'il n'a pas demandé explicitement à un remaniement ministériel mais qu'il a appelé à faire une évaluation du travail des ministères et des entreprises publiques ajoutant que ceux qui ne sont pas efficaces doivent prendre leurs responsabilités: "Cela concerne aussi bien certains ministères que les dirigeants d'entreprises publiques" a-t-il indiqué.

Face à la problématique de la cession des entreprises publiques, il a été clair: "Nous ne les laisserons pas privatiser le secteur public. La Tunisie n'est pas à vendre".

Taboubi appelle à la solidarité entre les différents syndicats des différents secteurs: "S'ils touchent à une seule institution publique, tous les syndicats doivent faire grève dans tous les secteurs confondus" a-t-il appelé.

Lors de ce meeting, le patron de la centrale syndicale a indiqué que des négociations sectorielles auront lieu avec l'UTICA au mois de mars mais également avec le gouvernement notamment concernant la hausse du pouvoir d'achat dans le secteur public, en plus des demandes spécifiques relatives à plusieurs secteurs.

Lors d'une visite à Bizerte, le 14 février dernier, Noureddine Taboubi a été catégorique en affirmant que l'UGTT est ouverte à la réforme, mais ne cèdera pas sur le secteur public, quelles qu'en soient les raisons.

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