MAROC
21/02/2018 10h:59 CET

Hirak: Lors de son procès, El Mahdaoui appelé à s'expliquer sur les appels téléphoniques qu'il a reçus

badil.info

PROCÈS - "Il s’est bien défendu". Habib Hajji, l’avocat de Hamid El Mahdaoui, a quitté l'audience du procès des détenus du Hirak du lundi 19 février à la Cour d’appel de Casablanca, confiant.

Poursuivi pour "non révélation d’attentat contre la sûreté de l'Etat", sur la base d’appels téléphoniques qu’il avait reçus d’un résidant marocain aux Pays-Bas, le journaliste a répondu aux questions du parquet. Selon son avocat, Hamid El Mahdaoui en a eu pour trois heures au cours desquelles il a réfuté l’accusation qui pèse sur lui, la qualifiant d’"infondée".

"Le tribunal a refusé que les enregistrements soient réécoutés à l’audience", précise l’avocat dans une déclaration au HuffPost Maroc. Et d’ajouter qu’en référence à la retranscription des appels dans le cadre de la procédure de l’instruction de son dossier, le journaliste a réitéré n’avoir aucun lien avec son interlocuteur. "Il disait s’appeler Noureddine. Il parlait en darija avec un accent rifain et quand il appelait Hamid El Mahdaoui, ce dernier l’interrompait souvent en raccrochant", indique l’avocat.

De cet individu, El Mahdaoui décrit "le ton nerveux d’un fanatique du Hirak". "Il donnait l’impression de prendre El Mahdaoui pour un extrémiste prônant la violence. Face à lui, El Mahdaoui était très clair en soulignant à chaque fois que le Hirak reste de portée sociale et qu’il n’a jamais été question de toucher à la stabilité et à la sécurité de l’Etat", rapporte Habib Hajji, relayant les propos de son client. L’interlocuteur "tenait des propos insensés", précise-t-il. D’après l'avocat, ce dernier "laissait entendre tantôt qu’il finançait le Hirak et son leader Nasser Zefzafi, tantôt qu’il avait des armes dans le coffre de sa voiture destinées à Al Hoceima".

Habib Hajji ajoute aussi que l’individu en question avait proposé à Hamid El Mahdaoui de lui envoyer de l’argent, mais que ce dernier a refusé. "L’audience a été, en grande partie, consacrée aux réponses de Hamid El Mahdaoui, également interrogé sur le fait qu’il n’ait pas dénoncé ces appels téléphoniques auprès de la police", précise l’avocat.

Hamid El Mahdaoui n’a pas cru nécessaire de dénoncer ce que son avocat appelle "une pure invention provenant probablement d’un déséquilibré". Les propos du dénommé Noureddine s’apparentaient à des "divagations sans aucun lien avec la réalité", estime-t-il.

Le représentant du parquet a, ensuite, interpellé Hamid El Mahdaoui sur la raison pour laquelle il a continué tout de même à répondre aux appels de cet interlocuteur. "El Mahdaoui a expliqué que son travail de journaliste d’investigation le lui a dicté et qu’il ne devait exclure aucune piste quelle qu'en soit la nature. Ces appels, il en a reçu 5 ou 6 durant trois jours", indique Habib Hajji.

El Mahdaoui, directeur site d'information Badil, risque de deux à cinq ans de prison et une amende de 1.000 à 10.000 dirhams, conformément à l’article 209 du code pénal sur la base duquel il est poursuivi.

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