MAROC
21/02/2018 14h:00 CET

Les Marocains se qualifient pour la Coupe du monde de tennis en fauteuil roulant

TENNIS - Les Marocains ont remporté, dimanche, le championnat de tennis en fauteuil roulant BNP Paribas qui s'est déroulé du 15 au 18 février à Nairobi au Kenya.

L'équipe marocaine des hommes représentera donc pour la cinquième fois la région Afrique lors de la Coupe du monde par équipe de tennis en fauteuil roulant, l'équivalent de la Coupe Davis pour les valides, qui se déroulera du 28 mai au 3 juin à Amsterdam et réunira 16 équipes de différents pays.

lhaj boukartacha2

L'équipe marocaine qui a remporté le championnat de tennis en fauteuil roulant BNP Paribas 2018 région Afrique composée de Said Himan (à gauche) et Lhaj Boukartacha (à droite).

Le duo gagnant était composé des joueurs Lhaj Boukartacha, classé 44e mondialement, et Said Himan. La finale s'est déroulée en trois jeux contre l'équipe égyptienne composée de Tarek Abbas Gharib Zahry et Mohamed Sobhy Ragab Abdelhafez.

Himan a remporté le premier jeu simple contre Zahry avec un score de 63 30. Ensuite, Boukartacha a vaincu Abdelhafez 60 60, après une performance dominante tout au long du jeu, selon la Fédération internationale de tennis. Le dernier jeu s'est joué en double où le Maroc a gagné avec un score de 63 60, se qualifiant ainsi pour la deuxième fois en trois ans à cette coupe du monde par équipe.

"Nous avons eu la chance de nous entraîner en jouant au tournoi du Nairobi Open qui s'est déroulé du 12 au 14 février, donc juste avant les qualifications de la Coupe du monde, ce qui nous a permis de nous acclimater à l'air et la chaleur du Kenya mais aussi au rythme de jeu de nos adversaires", raconte Lhaj Boukartacha au HuffPost Maroc. "Les terrains de jeu étaient également les mêmes pour les deux tournois ce qui nous a fait gagner en confiance avec Said", explique-t-il.

Pour se préparer à Amsterdam et améliorer leurs classements, les deux joueurs participeront à plusieurs tournois organisés par la Fédération internationale de tennis en Italie, en France ou encore en Turquie, comme le révèle Lhaj Boukartacha.

lhaj boukartacha1

Lhaj Boukartacha (à gauche) et Najwa Awane (à droite).

Côté femmes, ce sont les Kenyanes qui ont remporté la finale après avoir battu la Tanzanie 2 à 1. L'équipe marocaine composée de Najwa Awane (classée 47e mondialement) et Samira Benichi (118e), a quant à elle fini à la troisième place après avoir été vaincue par la Tanzanie en demie finale. Un "réel progrès pour l'handisport féminin marocain" d'après Lhaj Boukartacha.

"Les joueuses sont des étudiantes encore très jeunes mais bourrées de talent et de volonté. Donnez-leur deux ou trois ans et elles remporteront le championnat" assure, confiant, le joueur.

Loin de crier victoire

Si les équipes marocaines ont fini sur le podium du championnat de qualification pour la région Afrique, elles ont encore un long chemin à parcourir pour remporter les coupes du monde de tennis en fauteuil roulant et remonter dans le classement mondial.

"Nous sommes bien classés au niveau de l'Afrique mais il faut encore beaucoup de travail pour que nous puissions répondre aux exigences internationales", explique-t-il.

Le joueur de 41 ans dénonce aussi le manque de clubs de tennis dans plusieurs villes du Royaume comme Salé, où il habite actuellement.

"Le peu de ressources financières fournies pour former les jeunes et construire de nouveaux clubs fait que le tennis est en train de devenir un sport d'élite où les joueurs doivent se débrouiller eux-mêmes pour gérer les dépenses qu'une carrière sportive requiert", déplore-t-il.

Lhaj Boukartacha a également souligné l'attention additionnelle que les responsables du secteur au Maroc doivent porter aux joueurs handicapés, notamment à cause du matériel spécifique, et donc très coûteux, dont ils ont besoin pour améliorer leurs performances comme des prothèses de jambe ou des fauteuils roulants rapides et plus légers.

"Si le Maroc veut faire évoluer l'handisport, les institutions concernées, comme la Fédération royale marocaine des sports pour personnes handicapées, devraient consacrer beaucoup plus de moyens pour former les jeunes et fournir le matériel nécessaire pour les joueurs handicapés", assure le tennisman en soulignant l'importance d'une équipe "d'au moins cinq personnes" qui devrait entourer chaque joueur.

Pour Lhaj Boukartacha, le tennis au Maroc n'est plus comme avant, qu'il soit joué sur les deux jambes ou en fauteuil roulant. Alors que les tennismen marocains participaient aux championnats internationaux comme Roland Garros, ils se font aujourd'hui très rares sur la terre battue des grandes coupes. "Il ne suffit pas d'avoir du talent, il faut aussi des moyens", conclut Lhaj Boukartacha.

LIRE AUSSI: