TUNISIE
20/02/2018 13h:05 CET

"Rencontre avec un danseur du ventre": Rochdi Belgasmi dans "les Terriens du Dimanche" sur C8

"Acte de résistance", selon un chroniqueur et "une hirondelle qui ne fait pas le printemps", selon un autre. Rochdi Belgasmi illustre-t-il les changements dans la société tunisienne post-révolution?

C'est le sujet du débat de la rubrique "Zone Libre", de l'émission "Les Terriens du Dimanche", présentée par Thierry Ardisson, sur C8.

Dans un reportage de près de 5 minutes, Monia Kashmire, chroniqueuse dans l'émission, s'est déplacée à Tunis, à la rencontre de Rochdi Belgasmi, le "seul homme dans le monde arabe à pratiquer la danse orientale", précise-t-elle.

"Malgré ce monde plein de vipères, il y'a toujours de la lumière quelque part. Voilà une nouvelle reconnaissance internationale", s'est-il exprimé sur son compte Facebook.

Dans la Medina de Sidi Bousaid et en compagnie de l'équipe de C8, Rochdi Belgasmi est revenu sur ses débuts "difficiles". Pas évident pour une femme, que dire d'un homme, de danser ces pas en public. La danse du ventre en Tunisie était pourtant populaire dans les cafés chantants des années 20, et c'était des drag-queens tunisiens qui la pratiquaient, a-t-il retracé.

Pourtant, au Festival de Carthage, il avait dansé torse nu, devant des députés qui ont caché leurs visages pour ne pas le regarder, "c'était pour eux une atteinte à la pudeur", souligne le danseur.

Danse féminine, Rochdi Belgasmi a su y introduire des éléments masculins, virils. Il explique que plusieurs pas sont à l'origine des pas de danse des ouvriers, les "zwafra", reprenant les gestes de leur travail quotidien, comme le piochage ou le portage, a-t-il expliqué.

C'est "l'effet libérateur" de la révolution de 2011 qui a suscité son envie de se lancer dans la danse publiquement, assure-t-il, "je me considère comme un artiste post-révolution".

Retour sur le plateau des "Terriens du Dimanche", chroniqueurs et invités se sont penché sur les changements dans la société tunisienne depuis 2011. Le statut de la femme a été établit bien avant la révolution, a fait remarquer l'un d'entre eux, quand d'autres continuent à penser "radicalisation" et "islamisme".

Et à la question de Thierry Ardisson, "La révolution en Tunisie a-t-elle réussi?", Monia Kashemire répond:

"On se pose toujours la question, est-ce-que la révolution a réussi ou pas, j'ai juste envie de dire que la révolution c'est un processus, et que d'ailleurs, même en France après 1789, on a connu nombreuses restaurations, avant de connaitre la troisième République", commente Monia Kashmire. "Donc on arrête un peu de foutre une pression médiatique sur la Tunisie (..) C'est une démocratie ou pas? C'est une démocratie en marche, comme chez nous".

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