TUNISIE
20/02/2018 09h:19 CET | Actualisé 20/02/2018 09h:25 CET

Pour éviter la récupération politique, la restitution du rapport de la Commission des libertés individuelles et de l'égalité reportée

En marge d'une réunion avec le président de la République, mardi à Carthage, la Commission des libertés individuelles et de l'égalité, rattachée à la présidence de la République et créée le 13 août 2017, a annoncé le report de la remise de son rapport.

"Les gens ne comprennent pas que chaque période à ses besoins. Les choses évoluent. Il y a 20 ans, nous n'aurions pas pu avancer sur ces sujets. Mais aujourd'hui, nous sommes presque en retard"

"Fais ce que tu dois, advienne que pourra. Nous avons des devoirs et nous les faisons avec la conscience tranquille"

"Nous avons demandé aujourd'hui au président de la République de nous recevoir. On a discuté du rapport et de son contenu. Nous lui avons demandé le report de la remise du rapport " attendu initialement pour le 20 février.

Pour Bochra Belhaj Hmida, il s'agit d'un "projet civilisationnel qui ne doit pas être en proie aux tensions partisanes et électorales". Or en pleine préparation des élections municipales, "il est nécessaire de reporter la remise du rapport, ce qu'a accepté le président de la République".

"Il s'agit d'une chance pour nous de pouvoir élargir nos discussions et nos consultations avec toutes les parties concernées par ce projet" a-t-elle ajouté indiquant que ce projet est "un grand pas pour la Tunisie vers l'égalité absolue entre les citoyennes et les citoyens et la protection des libertés individuelles".

L'abolition de l'institution de la dot, la mise en place d'une procédure permettant à la femme d'opter pour l'égalité dans l'héritage, la possibilité pour la mère d'octroyer son nom de famille à son enfant, sont autant d'annonces relayées par certains médias, présentées comme étant les propositions finales de la commission des libertés individuelles et de l'égalité, rattachée à la présidence de la République. Ces annonces sont "imprécises" avait estimé Bochra Belhaj Hmida.

La députée avait expliqué que les réformes qui seront proposées engloberont aussi bien le Code de Statut Personnel (CSP), que le code pénal, le code des obligations et des contrats, etc. Environ 25 propositions seront rendues et qui touchent plusieurs sphères. "Le but étant la mise en adéquation avec la Constitution", avait-t-elle affirmé.

En marge du discours du 13 août à l'occasion de la fête de la femme, le président de la République Béji Caid Essebsi avait annoncé la création d'une commission des libertés individuelles et de l'égalité rattachée à la présidence de la République.

L'objectif de cette commission est de préparer un rapport relatif à l'amélioration des libertés individuelles conformément à la Constitution de 2014 mais également aux standards internationaux.

Cette commission a pour présidente la députée Bochra Belhaj Hmida. Ses membres sont: l'universitaire tunisien Abdelmajid Charfi, le professeur et expert en droit constitutionnel Slim Laghmani, l'écrivain tunisien Slaheddine Jourchi, l'universitaire et spécialiste en droit public Salwa Hamrouni, la productrice Dora Bouchoucha, le magistrat Malek Ghazouani, Iqbal Gharbi professeure à l’université de la Zitouna et l'activiste Kerim Bouzouita.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.