TUNISIE
20/02/2018 09h:32 CET

Tout ce que vous devez savoir sur le navire panaméen suspect intercepté à Sfax

Un navire battant pavillon panaméen en provenance de Russie et à destination du Cameroun, a été intercepté dans la nuit du jeudi au vendredi 16 février par les autorités tunisiennes, pour suspicion de transport d'armes, après avoir été contraint de demander l'autorisation d'une escale de deux jours au port de Sfax.

Après avoir détecté 24 conteneurs non déclarés, les services douaniers ont décidé d'entreprendre une fouille du navire, qui s'est terminée dimanche, faisant état de la présence d'équipements divers, notamment des bulldozers, ambulances, camions citernes, voitures blindées, véhicules de transport militaires, générateurs électriques, uniformes militaires, ainsi que des appareils de communication radio et satellite.

Selon le porte-parole de la direction générale des douanes, Haithem Zaned, ces armes seraient destinées à un camp militaire appartenant à une milice.

Intervenant sur les ondes de Cap FM, celui-ci a déclaré que ce qui a principalement interpellé les agents des douanes était l'itinéraire pour le moins suspect entrepris par le navire, qui a été tracé grâce aux satellites.

En effet, selon Zaned, en plus de la destination suspecte du navire, son itinéraire est tout aussi problématique. Ce dernier soutient que le navire serait parti de Russie en passant par les eaux turques, et serait ensuite resté quelque temps dans les eaux italiennes, avant de prendre la direction de Benghazi en Libye, au lieu de se diriger vers le détroit de Gibraltar, pour atteindre l'océan atlantique et rallier ainsi le Cameroun.

"Le navire n'a accosté à aucun port, et est resté pendant tout le périple dans des eaux territoriales" a-t-il ajouté, soulignant que l'armateur du navire est une entreprise turque.

66 véhicules militaires ont par ailleurs été dénombrés dans ce navire, selon Zaned.

Zaned a également indiqué qu'un procès verbal de saisie a été rédigé et qu'un rapport a été envoyé au ministère public, qui à son tour, a transféré l’affaire au Pôle judiciaire antiterroriste à Tunis, pour la suite de l’enquête. La justice statuera ainsi de la nature de l'affaire, à savoir terroriste, ou bien dans le cadre d'un trafic d'armes.

Une amende a également été infligée aux responsables, conformément à la législation douanière.

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