MAROC
20/02/2018 15h:19 CET

L'immigration clandestine vers l'Europe a baissé de 89% par rapport à 2015 selon Frontex

Migrants, part of a group intercepted aboard a dinghy off the coast in the Mediterranean Sea, stand after arriving on a rescue boat at the port of Malaga, Spain January 13, 2018. REUTERS/Jon Nazca
Jon Nazca / Reuters
Migrants, part of a group intercepted aboard a dinghy off the coast in the Mediterranean Sea, stand after arriving on a rescue boat at the port of Malaga, Spain January 13, 2018. REUTERS/Jon Nazca

IMMIGRATION - L'immigration clandestine vers l'Europe n'a jamais été aussi basse en quatre ans. 204.719 migrants ont franchi illégalement les frontières de l'Union européenne via trois grandes routes migratoires maritimes: la Méditerranée orientale, les Balkans occidentaux et la Méditerranée centrale, selon le dernier rapport de Frontex (l'agence européenne de garde-côtes et de garde-frontières), publié le 20 février.

Le taux est 89% plus bas qu'en 2015, année qui avait connu une crise migratoire sans précédent avec près d'1.8 million de migrants illégaux enregistrés, selon Frontex, et 60% plus bas qu'en 2016 avec 511.047 cas enregistrés.

Malgré cette baisse importante, le nombre de ces "détections de traversée illégale" n'est pas encore revenu aux taux enregistrés avant 2014 où "les chiffres annuels oscillaient entre 72.000 et 141.000 détections", selon Frontex, dans ce rapport intitulé "Analyse de risques 2018".

6,9% de sans-papiers sont marocains

La majorité des migrants ne sont pas interceptés en route mais plutôt arrêtés dans les pays européens sans documents valides. En 2017, un total de 435.786 migrants vivaient illégalement en Europe dont 6,9% de Marocains. Ils se placent ainsi en deuxième position après les Ukrainiens par rapport aux autres nationalités de sans-papiers arrêtés.

Les Marocains ont également été parmi les plus nombreux à demander l'asile en Europe et se classent toujours deuxièmes après les Ukrainiens dans cette catégorie, avec un total de 21.613 demandes enregistrées en 2017.

Ces compatriotes sont cependant les premiers passeurs qui "continuent de poser un réel problème" à l'agence en transportant les migrants vers l'Europe. En 2017, ils étaient plus de 800 à envoyer les migrants en mer, 35% de moins que l'année dernière.

Les refus d'entrées aux voyageurs ont également baissé de 15% avec 183.500 cas recensés en 2017 contre 215.403 en 2016.

Le Maroc, principal pays de transit vers l'Espagne

Si les routes ont connu une baisse importante d'immigration, la route de la Méditerranée occidentale a quant à elle enregistré une hausse significative de 23.143 soit plus que le double du nombre enregistré en 2016 (9.990). Ces migrants viennent principalement du Maroc (4.809), d'Algérie (4.219) et de Côte d'Ivoire (3.345).

Pour Frontex, cette hausse est due aux "problèmes internes" qui ont cette année touché le Maroc, "principal pays de transit pour les migrants voulant atteindre l'Espagne", notamment dans le Rif. Des brèches ont ainsi été créées et ont permis d'avoir "plus de départs à partir de la côte ouest du pays en particulier". Des départs plus nombreux dus également à l'utilisation de "bateaux pouvant transporter un grand nombre de migrants", explique Frontex.

Cette route a donc permis à près de deux tiers des migrants originaires de pays africains de gagner les côtes européennes d'après le rapport. Pour Frontex, cette hausse ainsi que d'autres indicateurs du rapport prouvent que "la pression sur les frontières européennes est toujours élevée".

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