TUNISIE
20/02/2018 03h:42 CET | Actualisé 20/02/2018 06h:16 CET

Le photographe tunisien Samir Tlatli décroche la médaille de bronze au Salon des Artistes Français

SAMIR TLATLI

Le photographe tunisien Samir Tlatli a décroché une médaille de bronze au salon des artistes français, qui s'est tenu du 14 au 18 février 2018, et qui en est à sa 228e édition.

"Je suis heureux ému, et touché d'être le premier artiste photographe Tunisien à recevoir une des célèbres Médailles de ce Salon historique, créé en 1667 selon le vœu de Louis XIV", s'exprime Samir Tlatli au HuffPost Tunisie.

Le Salon des Artistes Français est une exposition artistique, qui se tient à Paris chaque année, si l’on excepte quelques interruptions dues aux guerres ou à des travaux.

"Le Salon des Artistes Français a réuni un ensemble prestigieux de 650 artistes français et internationaux issus de 30 pays et représentant quelques 1 500 œuvres réparties en 5 sections", indique le communiqué de presse.

L'homme égaré

C'est pour sa série photographique "Préfecture" que Samir Tlatli a été récompensé. Un travail autobiographique, explique-t-il, qui témoigne de son parcours. "Une histoire intime d’un homme dans l’attente", décrit-il.

Samir Tlatli au Salon des Artistes Français

"Le projet est né entre les murs d’un bâtiment promis à la transformation. Un lieu effacé, dans un état fatigué, semblable à celui de l’homme égaré. C’est un travail aussi sur l’inconnu qui vit dans l’isolement. Des éléments communs tels que les portes, les fenêtres et les cloisons conditionnent son quotidien.

Je tâche de donner au personnage des contraintes, afin d’obtenir des postures qui raconteront son histoire. En faisant apparaitre ou disparaitre le corps ou des parties du corps dans le cadre, je veux montrer le combat avec le vide, et la brutalité des limites imposées et invisibles. Les compositions géométriques je les utilise pour décrire une atmosphère, ou révéler un état psychologique. Donc le lieu, c’est un lieu désaffecté qui me fascine. J’ai traversé ses murs, je me suis fondu dans le décor. J’en ai fait un espace pour créer et se recréer", dépeint-il.

Artiste pluridisciplinaire

Après des études en hautes études commerciales, et une carrière dans les affaires, Samir Tlatli décide en 2011 de tout laisser derrière lui et de se consacrer à sa passion, l’Image.

Il part à Prague suivre des études en Cinéma à la "Prague Film School". Il se dirige ensuite vers Paris "la ville qui lui fait vivre un quotidien inspiré", là où il intègre l'institut international de photographie professionnelle "Spéos". Il s'y installe ensuite et fleurit dans sa carrière.

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Samir Tlatli fait de l'art son métier en travaillant avec des entreprises de renommée mondiale, en tant que spécialiste en image et en identité visuelle pour les besoins de leur communication interne et externe.

En 2016, il complète sa formation dans les prises de vue aérienne et devient officiellement Pilote de Drone Civil, après avoir obtenu le certificat d’aptitude de Pilote d’aéronef ultra léger motorisé, émis par la Direction Générale de l’Aviation Civile française.

Quand il s’agit de ses projets artistiques personnels, il traduit ses émotions en oeuvres d’art.

Ses créations lui valent des participations dans de multiples expositions en Europe, dont la France et la Suisse.

En 2014, il reçoit le 2ème prix de photographie grâce à sa série de photographie "Macrokawa", dans le cadre du concours SCAE World Of Coffee Rimini en Italie.

L'artiste connait aussi le succès grâce à ses court-métrages, dont "Dance of birds", et "World wide words", diffusés dans le cadre du festival de Cannes, successivement en 2013 et 2014.

Il réalise par ailleurs l'émission "Euro Fann" ("Fann" signifiant "Art"), qui dresse à chaque épisode le portrait d'un artiste tunisien, peu connu dans son pays, mais qui réussit ailleurs.

"Il ne faut pas renoncer à ses convictions et ses libertés face à l’intolérance". C'est ainsi que Samir voit les choses et c'est aux libertés individuelles qu'il porte son énergie et ses ferveurs. Ses convictions se reflètent dans ses photographies comme dans ses courts-métrages.

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