TUNISIE
19/02/2018 11h:23 CET | Actualisé 19/02/2018 11h:25 CET

Suicides, violences et protestations: Le FTDES dévoile son rapport du mois de janvier

REUTERS

Comme chaque mois, l’observatoire social tunisien relevant du forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) dévoile son rapport mensuel des mouvements sociaux, des "suicides et tentatives de suicides" et des violences.

Pour le mois de janvier 2018, 72 cas de suicides et tentatives de suicide ont été enregistrés contre 79 cas en janvier 2017, révèle le rapport en précisant que plus de la moitié des cas était des menaces de suicide collectif ou des tentatives de suicide collectif.

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93% des cas de suicides et tentatives de suicide ont concerné les hommes essentiellement âgés entre 26 et 35 ans.

Six cas de suicide d'enfants ont été relevés, souligne le rapport. "Nous avons relevé le suicide d’une élève par imitation d'un jeu électronique: 'Mary et la baleine bleue' ", précise-t-il en notant que de nombreuses plaintes au sujet de ce jeu ont été émises aux autorités.

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Avec 33 cas de suicide et tentatives de suicide, c'est la région de Sidi Bouzid qui est la plus durement touchée au cours du mois de janvier 2018, suivie par Le Kef et Bizerte.

Le rapport précise qu'en janvier dernier, une trentaine des manifestants de Sidi Bouzid ont "tenté de se suicider en s’immolant avec de l’essence pour protester contre ce qu’ils considéraient comme une tentative de camouflage de l’échec gouvernemental à l’accord de leur recrutement", selon eux.

Même si les modes de suicide et les causes différent, la majorité des gouvernorats tunisiens ont été frappé par ce phénomène.

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Hausse des violences

Concernant la violence, l'étude révèle que le mois de janvier a été marqué par de fortes violences et agressions. "La nuit du 10 janvier a été loin d'être calme puisque les manifestations de nuit demandant la révocation du projet de loi de finances (...) se sont transformées en affrontements avec les forces de sécurité et en pillages et vols de magasins" rappelle-t-il.

De plus, le rapport met la lumière sur la recrudescence des agressions sexuelles sur de jeunes filles mineures. "Ces dernières sont interceptées sur leur chemin de retour de l'école ou dans le voisinage des établissements scolaires" annonce le rapport.

Il relève, d'autre part, les cas répétés d'agression à l’encontre des enseignants au sein même de la classe. Les établissements d'éducation "sont devenus un espace de violence après l’effraction par des étrangers et des délinquants pour se venger d’élèves qui sont en conflits avec ces derniers ou après l’entrée par la force de certains parents dans des établissements scolaires pour violenter physiquement ou verbalement, voire gifler, le cadre éducatif à l’intérieur des salles de classe" note-t-il.

Une conférence de presse a été tenue lundi 19 février au siège du FTDES à Tunis pour revenir sur les résultats dévoilés dans ce rapport. Le responsable de l’observatoire Abdessatar Sahbani et le président du FTDES, Messaoud Romdhani, ont fait savoir que la femme et les enfants mineurs sont les plus grandes victimes de violence.

Ils ont évoqué, par ailleurs, l'impact de l'environnement familial et le rôle des réseaux sociaux dans la propagation de ce fléau et l'incitation à la violence.

En janvier, 1490 mouvements de protestation

Quant aux mouvements de protestations, ces dernières se sont développées de "manière significative et impressionnante," indique le rapport en expliquant que "ces protestations ont éclaté depuis les premiers jours de ce mois, pour protester contre la loi de finances et par conséquent l’inflation des prix et la baisse du pouvoir d’achat".

1490 mouvements ont été enregistrés en janvier dernier contre seulement 971 pour la même période de l'année précédente.

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Les régions de Gafsa, Sidi Bouzid, Tunis, Kairouan, Kasserine et Gabès ont connu le plus grand nombre de protestations collectives ou individuelles, suivies des régions de Sfax, Sousse et Médenine qui ont occupé la deuxième place, et les régions de Nabeul, Bizerte, Tozeur et Béja à la troisième place tandis que les régions de Zaghouan, Siliana, Monastir, Tataouine et Kébili viennent à la dernière position au niveau du nombre de mouvements de protestation.

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Les manifestations violentes, bien que limitées à 23% du total des protestations, ont été l’élément le plus important dans les mouvements de ce mois de janvier. En effet, de nombreuses manifestations violentes se sont très rapidement transformées en actes de vol et de pillage, rapporte le FTDES.

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Les protestations dans le secteur administratif ont été les plus importantes, démontre l'étude en ajoutant que les manifestations spontanées se sont surtout concentrées sur les aspects économiques, sociaux, sécuritaires, politiques et administratifs.

Selon la même source, les mouvements de protestation pourront connaitre une hausse dans les mois qui viennent en cas d’absence d’amélioration des conditions sociales et économiques.

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