MAROC
19/02/2018 10h:43 CET

La Commission européenne va négocier un nouvel accord de pêche avec le Maroc

Des pêcheurs dans le port d'Agadir.
Youssef Boudlal / Reuters
Des pêcheurs dans le port d'Agadir.

ACCORD - Un nouvel accord de pêche sera bientôt négocié entre le Maroc et l'Union européenne (UE). Ce renouvellement a été annoncé lundi 19 février à Bruxelles lors de la réunion du Conseil des ministres de l’Agriculture et de la Pêche des 28 États membres de l’UE, rapporte la MAP.

Un rapport d’évaluation rétrospective et prospective de l’accord de pêche Maroc-UE publié récemment avait recommandé à la Commission européenne de renouveler cet accord car il s’est révélé "efficace dans l’atteinte de son objectif de durabilité de l’exploitation et de soutien au développement durable du secteur", souligne un porte-parole de l'UE à la MAP. Le mandat pour négocier l'accord a donc été adopté à l'unanimité par les membres du Conseil.

Selon ce rapport, l’appui sectoriel de l’accord de pêche s'est fait à un rythme "très satisfaisant" surtout dans les régions de Dakhla-Oued Eddahab et Laayoune-Boujour-Sakia El Hamra qui "concentrent 66% de l’enveloppe totale de cet appui, soit environ 37 millions d’euros", créant ainsi un "bon retour sur investissement" pour l’UE.

Le rapport, transmis au Conseil et au Parlement européen, soulignait aussi l'importance du renouvellement de l'accord qu'il considère comme "un instrument de coopération approfondie avec le Maroc, fortement impliqué dans la coopération Sud-Sud" qui permettra de "compléter ses actions en faveur de la durabilité des stocks au sein des organisations régionales de pêche", selon la MAP.

L'accord, qui arrivera à échéance en juillet 2018, avait été adopté en 2014 pour une durée de 4 ans. Depuis sa signature, les navires européens peuvent accéder à la zone de pêche atlantique du Maroc en échange d’une "contrepartie financière de 30 millions d’euros par an financés par l’UE et 10 millions d'euros comme contribution des armateurs", explique la MAP.

Début janvier, l'avocat général de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), Melchior Wathelet, avait cependant estimé que cet accord n'était "pas valide" car il s'applique également au Sahara "et à ses eaux adjacentes", avait-il indiqué, en réponse à une question d'un tribunal britannique sur la validité de cet accord. Pour l'avocat général, l'accord ne respecte pas, notamment, "le droit à l'autodétermination" du Sahara et à "l'exploitation de ses ressources". La CJUE doit rendre son arrêt sur cet accord le 27 février.

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