ALGÉRIE
18/02/2018 08h:03 CET | Actualisé 18/02/2018 08h:06 CET

En réponse aux accusations d'"anarchie" d'Ouyahia, les médecins grévistes brandissent les drapeaux

sit in residents mustapha

Rassemblement des médecins résidents à l’hôpital Mustapha à Alger, le 18 février 2018.


Des dizaines de médecins résidents ont tenu dimanche 18 février un sit-in "aux couleurs nationales" à l’hôpital Mustapha Pacha à Alger en réponse aux propos du Premier ministre Ahmed Ouyahia qui a utilisé le terme "anarchie" pour qualifier leur mouvement de grève.

Sous une pluie fine en cette journée nationale du Chahid, les résidents en médecine ont brandi des drapeaux lors d'un rassemblement en réponse à l'appel du CAMRA (Collectif autonome des médecins résidents algériens) lancé la veille.

"Nous aimons le drapeau. Nous aimons le pays. Nous sommes ici pour demander nos droits. Celui qui a dit que nous n'aimons pas notre pays, se ment à lui-même", a lancé un médecin résident au CHU Mustapha qui a pris la parole, en réponse aux accusations de M. Ouyahia.


"Qu'il se pose la question: quand il tombe malade, il se soigne où?", a ajouté le médecin.

Le Premier ministre, sous sa casquette de secrétaire général du RND, a jeté vendredi de l'huile sur le feu des mouvements de grève des enseignants et des médecins résidents. Qualifiant les premiers de "pirates" et les seconds d'"étudiants" qui deviendront des médecins spécialistes "grâce aux études que leur offre l'Etat", M. Ouyahia a appelé les praticiens des deux secteurs à "arrêter le train de l'anarchie".

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Pour un médecin résident au CPMC d'Alger qui a requis l'anonymat, présent au rassemblement, l'accusation d'Ouyahia n'a pas de sens. "Il est aujourd'hui plus facile pour nous de partir exercer la médecine en France ou en Angleterre. Il n'y a plus d'équivalence à faire. Mais nous choisissons de rester ici car nous voulons améliorer les choses", a-t-il affirmé.

Les résidents ont conclu leur rassemblement en chantant l'hymne national.

Les négociations des représentants des médecins résidents avec le comité intersectorielle se sont arrêtées et l'issue du mouvement des médecins résidents n'est pas claire. Le CAMRA a cependant annoncé samedi deux autres rassemblements prévus pour lundi 19 et mardi 10 février au CHU Mustapha, en compagnie des internes en médecine.

Le collectif a également indiqué avoir pris contact avec la Ligue algérienne des droits de l'Homme, "pour dénoncer les récents dépassements de la police et des administrateurs".

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