ALGÉRIE
17/02/2018 19h:36 CET | Actualisé 18/02/2018 04h:30 CET

Kaouther Adimi raconte l'enquête qui a servi de socle à son roman "Nos richesses"

Facebook/LArbre-à-dires

La romancière algérienne Kaouther Adimi a rencontré ses lecteurs hier samedi à la librairie L'arbre à dires à Alger à l'occasion d'une rencontre littéraire animée par son éditrice Selma Hellal, directrice des éditions Barzakh, et d'une séance de dédicaces de son dernier roman Nos richesses.

La romancière a donc ainsi raconté à son lectorat comment son roman Nos richesses a vu le jour.

Ce troisième roman de Kouather Adimi, paru chez Barzakh en Algérie et au Seuil en France, retrace le passé du 2 bis rue Hamani à Alger où l'éditeur, libraire et "passeur de livres" Edmond Charlot a ouvert une bibliothèque-librairie en 1935.

A travers cette maison d'édition, Charlot a été amené à publier des auteurs comme Jean Amrouche, Emmanuel Roblès, Garcia Lorca, Mouloud Feraoun ou Albert Camus.

Un lieu historique, actuellement sous l'égide de la BNA, que Ryad, la vingtaine, personnage indifférent à la littérature, s'attellera à fermer en 2017 pour remplacer les livres par des beignets, sous le regard impuissant de Abdallah, le dernier gardien du local.

Nos richesses, dont l'essence narrative est élaborée à partir d'un carnet imaginaire que Charlot tient, raconte en parallèle une confrontation, tantôt mélancolique tantôt amusante, entre ces deux personnages, avec pour toile de fond les événements principaux du 20e siècle, notamment la seconde guerre mondiale et la guerre de Libération nationale;

Une oeuvre à travers laquelle Kaouther Adimi parle également de son Alger, dont le rapport a été revisité lors de cette rencontre à travers des lectures des précédentes publications.

Enquêtrice une fois, romancière pour toujours

Lors de cette rencontre, l'écrivaine et son assistance ont retracé ensemble le parcours de l'éditeur Edmond Charlot. Après la lecture de plusieurs extraits de Nos richesses, Kaouther Adimi a dressé le portrait de cet éditeur, revenant sur son parcours, ses déboires à Paris, ses espoirs à Alger, ses positions et ses relations avec des écrivains comme Albert Camus et Jean Amrouche.

Déclarant son amour à la littérature et surtout à tous ceux "qui en ont font une raison de vivre" comme cette personnalité littéraire, l'intervenante est revenue ensuite sur la naissance de Nos richesses. Après avoir abordé son style de narration, elle a mis en exergue son travail d'enquêtrice.

Elle a expliqué avoir "fouillé" pendant plusieurs mois dans les archives de l'éditeur Edmond Charlot, faisant plusieurs voyages pour rencontrer ses proches.

Kaouther Adimi a également pu lire des correspondances de Charlot, dont certaines avec les auteurs susnommés et rencontrer des proches d'Edmond Charlot, dont son épouse, qui lui ont révélé des souvenirs, lui ont dressé le portrait de l'éditeur et lui ont remis des archives.

Nos richesses, titre faisant référence au nom de la librairie de Charlot, Les vraies richesses", n'est toutefois pas une biographie de ce dernier. Kaouther, romancière, dit ne s'être jamais inscrite dans une démarche d'historienne, introduisant alors un carnet imaginaire, un élément fictif principal du récit pour combler des trous noirs et mettre en scène les autres personnages, dont Ryad et Abdallah.

Une aventure que l'intervenante à ce débat ne réitérera pas dans son prochain ouvrage, une pure fiction, malgré tout le plaisir que ces travaux d'enquête lui ont procurés.

Interrogée par une lectrice, la romancière a expliqué avoir écrit son dernier livre pour rendre hommage à la littérature et à la lecture, mais également à Alger, loin des clichés sur une blancheur quelconque ou son exotisme.

"Nos richesses" a été primé entre fin 2017 et début 2018 en France par les prix littéraires Renaudot des lycéens, du du Style et Beur FM Méditerannée. En Algérie, Kaouther Adimi estime avoir reçu des "échos positifs", malgré des "critiques" qui "n'en valent pas la peine".

Si l’auteure n’a gagné aucun prix littéraire, elle dit être satisfaite des appréciations de ses lecteurs algériens. Elle a surtout été ravie d'apprendre que la librairie située au 2 bis rue Hamani à Alger a été très fréquentée depuis la parution de son livre, en août 2017.

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