TUNISIE
17/02/2018 13h:28 CET | Actualisé 17/02/2018 14h:30 CET

Ministère de l'Intérieur: Création d'unités spécialisées dans la lutte contre les violences faites aux femmes

Abused young woman being silenced by her abuserhttp://195.154.178.81/DATA/i_collage/pi/shoots/781140.jpg
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Alors que la loi organique sur l'élimination de la violence à l'encontre des femmes, adoptée en juillet 2017, est entrée en vigueur le 16 février, le ministère de l'Intérieur a annoncé, via un communiqué, la création de deux unités spécialisées dans l'application de ladite loi, sous la dénomination "Brigade centrale d'enquête sur les crimes de violence contre la femme et l'enfant".

La première unité est rattachée à la police judiciaire de la direction de la sûreté nationale, quant à la deuxième, elle est liée aux services des affaires judiciaires de la direction générale de la garde nationale. Des unités,composées de gendarmes et de la garde nationale, sont mises en place dans toutes les régions, a fait savoir le ministère de l'Intérieur.

Le communiqué révèle que des femmes font partie de ces unités. Elles sont spécialisées dans les crimes de violences physiques, morales, sexuelles ou économiques à l'encontre des femmes et des enfants. Le ministère a annoncé qu'il a entrepris des sessions de formation en la matière en direction des forces de l'ordre.

Cette annonce intervient après les craintes formulées par les organisations féministes quand à l'inapplication de la loi sur la lutte contre les violences faites aux femmes. Ces dernières ont pointé du doigt à maintes reprises les défaillances dans la prise en charge des victimes de violences. Certains policiers minimisent ainsi l'ampleur de la violence de celles qui souhaitent porter plainte ou refusent de déposer leurs plaintes contre leurs agresseurs.

La loi intégrale relative à l'élimination de la violence à l'égard des femmes adoptée par l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) englobe différentes sphères d'ordre intime comme les crimes sexuels et d'ordre public touchant les droits économiques et sociaux notamment.

Cette loi ambitieuse si elle est réellement appliquée devrait enrayer ou contenir certains fléaux dans la société tunisienne dont l'ampleur fait régulièrement la une des médias et agitent l'opinion publique qu'il s'agisse d'inceste, de viol, de mariage des mineures ou d'instrumentalisation économique des ouvrières notamment, etc.

À noter que près de 80% des cas de violence physique et morale contre la femme sont perpétrés par l’époux et 11% des cas de violence sexuelle sont commis par des membres de la famille, selon une étude élaborée par l'association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) en novembre dernier.

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