MAROC
17/02/2018 06h:07 CET

Argan, couscous et autres produits du terroir s'invitent dans les malls et supermarchés marocains

Jessica/Flickr

COOPÉRATIVES - Les visiteurs du Morocco Mall à Casablanca ont sans doute aperçu un nouveau stand installé depuis jeudi près du grand aquarium. En se rapprochant, ils pourront distinguer différents arômes émanant de produits fabriqués par des coopératives dans plusieurs régions du Maroc: de l'huile d'olive de Ouazzane, du safran du Souss, ou encore des huiles essentielles de romarin de l’Oriental.

L'Agence pour le développement agricole (ADA), qui travaille sous la tutelle du ministère de l'Agriculture et de la Pêche maritime, souhaite en effet faire briller les produits du terroir marocain au milieu des marques étrangères. Ils seront ainsi exposés jusqu'au 18 février au Morocco Mall à Casablanca et du 22 au 25 février au Méga Mall à Rabat, avant qu'ils ne s'étendent dans tout le réseau de la grande distribution du royaume.

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Pour Jihane Barik, chef de la division de la communication chez l'ADA, la création de ces stands pourra ainsi rapprocher le producteur du consommateur. "Quand une personne veut se procurer du miel pur ou de l'huile d'olive, elle demande souvent à une de ses connaissances qui se déplace dans une de ces régions reculées de lui ramener une bouteille", dit-elle au HuffPost Maroc pour illustrer le besoin du marché marocain d'une telle campagne de promotion.

"Grâce à ces journées de mise en avant des produits du terroir, le consommateur peut non seulement tester le produit avant de l'acheter à un prix abordable, mais aussi garder le contact des coopératives pour pouvoir faire des commandes de produits ultérieurement", explique-t-elle.

Les consommateurs peuvent également se procurer les produits du terroir en passant leurs commande en ligne sur le site lancé par l'ADA et Barid Al Maghrib, qui livre les produits au Maroc et à l'international.

Cette action, qui rentre dans le cadre de la stratégie du Plan Maroc Vert, a pour but d'aider les petits producteurs marocains à améliorer leurs produits du terroir, développer leur commercialisation et atteindre un plus grand nombre d'acheteurs.

Petits producteurs, grandes surfaces

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Cependant, les stands temporaires dans les malls ne suffisent pas à leur donner un réel coup de main. Depuis 2011, l'ADA a donc signé des conventions avec Marjane, Carrefour et Aswak Essalam, qui ont permis aux coopératives d'être exemptées de référencement - ce ticket d'entrée que les marques doivent payer pour retrouver leurs produits dans les rayons des GMS (grandes et moyennes surfaces).

"Les producteurs sont éparpillés un peu partout au Maroc et c'est difficile pour eux d'accéder à la grande distribution, ils n'en ont pas les moyens", explique Jihane Barik.

Les Marocains pourront donc retrouver, dès ce week-end, dans les magasins Marjane et Label'Vie, des produits de qualité conformes aux normes sanitaires de l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA).

Label AOP et IGP

Les coopératives doivent cependant respecter un certain nombre de critères avant de pouvoir faire partie de la sélection de l'agence. La qualité du produit n'est pas la seule à être prise en considération. "Le marketing, l'étiquetage et la mise à niveau du produit" font aussi partie des conditions de sélection, pour satisfaire "des consommateurs de plus en plus exigeants", précise Jihane Barik.

Les producteurs sont aussi invités à obtenir les labels AOP (Appellation d'origine protégée) et IGP (Indication géographique protégée), accordés par le ministère de l'Agriculture, qui "associe le produit à une région et assure son origine géographique et sa traçabilité", explique Jihane Barik. L'ADA a même créé son propre label collectif, "Terroir du Maroc", que la responsable de la communication chez l'ADA décrit comme "un gage de garantie sur le plan sanitaire et un signal de qualité crédible".

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Non seulement ces labels garantissent aux consommateurs que le produit est valable pour la consommation et provient de la région mentionnée sur l'étiquette, mais ils "poussent également les autres producteurs à s'améliorer", comme le souligne Jihane Barik.

"On ne veut plus que les producteurs mettent leur huile d'olive dans de vieilles bouteilles d'eau et les vendent comme ça aux consommateurs", ajoute-t-elle en rappelant que les coopératives peuvent suivre des formations données par l'ADA.

"Les coopératives ont un vrai problème de gouvernance. Tous les producteurs ne savent pas comment gérer leurs coopératives, tenir une comptabilité, revoir le packaging et les outils de communication, garder leurs clients... C'est un travail que nous faisons en amont pour les préparer à la demande du marché, et faire en sorte que leurs produits soient prêts à la distribution", explique-t-elle.

Au-delà du couscous

Si le couscous a déjà conquis le coeur des Français, les coopératives marocaines veulent leur faire découvrir de nouveaux produits du terroir. Une trentaine de petits producteurs marocains seront donc présents lors du Salon de l'agriculture de Paris, qui aura lieu du 24 février au 4 mars. Couscous, miel, safran, dérivés du cactus, épices, huile d'argan, dattes, huiles essentielles et autres produits qui sentent bon le pays seront présentés au visiteurs du salon.

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Un producteur d'huile d'argan au Salon international de l'alimentation d'Abu Dhabi en décembre 2017.

Une vingtaine de coopératives ont déjà eu l'occasion de vendre leurs produits lors de l'exposition internationale de la Semaine Verte de Berlin en janvier 2018, mais également lors du Salon international de l'alimentation qui s'est tenu en décembre 2017 à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis.

"Quelques coopératives ont même commencé à exporter grâce aux contacts qu'elles ont pu se faire lors des salons internationaux", annonce, fièrement, Jihane Barik.

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