TUNISIE
16/02/2018 10h:04 CET | Actualisé 16/02/2018 10h:04 CET

La Semaine de New York en cinq tendances

Models present creations from the Michael Kors 2018 fall collection during New York Fashion Week, in New York, U.S., February 14, 2018.  REUTERS/Shannon Stapleton
Shannon Stapleton / Reuters
Models present creations from the Michael Kors 2018 fall collection during New York Fashion Week, in New York, U.S., February 14, 2018. REUTERS/Shannon Stapleton

Des adieux de créateurs, un peu de politique, des pop-up stores, beaucoup de noir et peu de chair, la Fashion Week de New York qui s'est achevée mercredi a révélé cinq tendances fortes.

Les adieux, encore

La Fashion Week avait déjà perdu Tommy Hilfiger, Rihanna, Vera Wang, Rodarte, Proenza Shouler, Public School, Delpozo, Kanye West (Yeezy) et Altuzarra depuis un an. Cette semaine, elle a dit adieu, ou en tout cas au revoir, à une série d'autres noms de la mode.

A 79 ans, la créatrice d'origine vénézuélienne Carolina Herrera, parmi les plus emblématiques du chic américain, a salué pour la dernière fois lundi en fin de défilé. Après 37 ans sur les podiums, elle cède la direction de la création au jeune designer américain Wes Gordon, 31 ans.

Chouchou de la Fashion Week, Alexander Wang (37 ans) tire aussi sa révérence, mais sans renoncer aux défilés, qu'il organisera désormais en décalé, en juin et décembre plutôt qu'en février et septembre.

Quant à la Britannique Victoria Beckham, habituée de New York depuis 2008, elle a choisi Londres pour présenter, en septembre prochain, la collection anniversaire de ses dix ans dans la mode.

Du noir, et peu de chair

La cuvée de septembre avait été très légère, avec des poitrines visibles un peu partout. Celle de février a été beaucoup plus couverte: peu de décolletés, des cols montants, des manches longues, c'est une mode assez prude qu'a proposée la Fashion Week dans son ensemble.

Le noir a été à la fête, notamment chez Oscar de la Renta qui l'a beaucoup utilisé avec des broderies, des imprimés ou du tulle.

Pour la créatrice britannique Jenny Packham, qui présente à New York, les clients américains sont friands de noir, beaucoup plus que les Européens.

L'invasion des pop-up stores

Le phénomène des pop-up stores n'est pas nouveau, mais il a pris cette saison une ampleur inédite à New York.

Valentino, Diesel, Justin Timberlake, Louis Vuitton (pour ses nouvelles baskets), ou les plus tendances OWSLA (la marque du DJ Skrillex), Slam Jam (streetwear italien) ou Ev Bravado (streetwear new-yorkais), tous ont tenu boutique éphémère le temps de la Fashion Week, pour promouvoir une collection, un produit ou une collaboration.

Girl Power

Si un défilé a été organisé uniquement sur ce thème, par la Française Myriam Chalek, avec des témoignages de victimes, la Fashion Week s'est finalement peu emparée du mouvement contre le harcèlement sexuel né de l'affaire Weinstein.

Seul le créateur américain d'origine népalaise Prabal Gurung a vraiment marqué le coup, en mettant dans les vestiaires de son défilé, auquel assistait la fondatrice du #MeToo Tarana Burke, des affiches encourageant ses mannequins: "VOUS êtes le présent, VOUS êtes l'avenir, VOUS dirigez le monde, MARCHEZ déterminées!", disaient-elles.

La Fashion Week s'est en revanche retrouvée sur un autre aspect du mouvement #MeToo, l'autonomie et le pouvoir des femmes.

Tadashi Shoji ou Tom Ford ont défendu une femme séduisante, qui ne doit pas se dissimuler pour s'épanouir.

Diane von Furstenberg a aussi profité de l'occasion pour présenter sa marque comme "l'incarnation du pouvoir des femmes".

"A travers les générations, la femme DvF a toujours été une femme qui décide de sa vie, qui décide avec qui elle couche, qui décide de ce qu'elle fait", a-t-elle affirmé.

L'omniprésence des tailleurs-pantalons représentaient aussi une femme aux affaires, maîtresse de son destin, de même que les fausses dirigeantes d'entreprise imaginées par Alexander Wang, plutôt sorties de "Matrix" que d'un conseil d'administration cependant.

Ici ou là, certains designers ont aussi abordé le sujet des "Dreamers", ces enfants d'immigrés clandestins jusqu'ici protégés par un statut particulier, le Daca, révoqué par Donald Trump.

Jean et ceinture en force

Le jean est représenté à chaque Fashion Week, mais il a été valorisé au-delà des classiques cette saison par plusieurs créateurs, notamment l'invité de l'hiver, Bottega Veneta, avec des pièces teintes en jaune ou orange.

Chez Pyer Moss ou Calvin Klein, il est associé à la réinvention du mythe de l'Ouest américain.

Quant à la ceinture, elle a pris cet hiver une importance nouvelle, notamment chez Adam Selman, pour cintrer une combinaison ou resserrer des robes très amples, ou chez Victoria Beckham.

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