TUNISIE
16/02/2018 10h:12 CET | Actualisé 16/02/2018 11h:10 CET

Le nouveau gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane Abassi, présente ses priorités

Sans surprise, Marouane Abassi a été nommé jeudi, nouveau gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie. Avec 138 voix pour, 18 contre et 5 abstentions, il succède ainsi à Chedly Ayari qui a présenté sa démission au chef du gouvernement Youssef Chahed la veille.

Lors de son intervention devant le parlement, Abassi a dévoilé ses ambitions et a défini ses principaux objectifs. Il a annoncé que la hausse du taux d'inflation, le creusement du déficit commercial, la dégringolade du dinar et la lutte contre l’économie parallèle figurent parmi ses principales priorités.

Pour le nouveau gouverneur de la BCT, la situation de la Tunisie s’avère critique et inquiétante. “Les indicateurs économiques sont effrayants”, a-t-il souligné. Il a noté que “si tout le monde semble s’inquiéter pour le blacklistage de la Tunisie et le problème du GAFI, d’autres indicateurs économiques et surtout l’inflation, sont d’autant plus inquiétants”.

Il a rappelé que les prix ont énormément augmenté ces dernières années. “Avant, la moyenne de l'inflation s’articulait autour de 2% pour atteindre aujourd’hui plus de 7%” a-t-il précisé en exprimant sa crainte d’arriver bientôt à une inflation à deux chiffres.

Abbasi a indiqué, par ailleurs, que la réduction accrue des déficits de la balance commerciale et de la balance des paiements complique la situation. “Dans ces conditions, la relance économique n’est pas facile”, a-t-il confié.

“Ma priorité sera d’abord d’agir sur l’inflation et sur le déficit de la balance des paiements car si on continue sur cette lancée, la situation va devenir nettement plus grave…”a-t-il encore précisé.

En ce qui concerne la baisse du dinar, Marouane Abassi a précisé qu’elle résulte de la faiblesse des investissements et de l’aggravation du déficit commercial. “Le seul moyen de sortir de la crise réside dans le travail, la production et la productivité” a-t-il répliqué.

Le nouveau gouverneur de la BCT a affirmé, d’autre part, que 11 milliards de dinars circulent en dehors du circuit bancaire. Ainsi, pour y remédier et lutter contre la fuite des capitaux, des réformes s’imposent.

"Je suis de ceux qui croient que toutes les crises ont leurs solutions” a-t-il indiqué en déclarant “ne pas être un optimiste naïf”.

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