ALGÉRIE
16/02/2018 13h:39 CET | Actualisé 16/02/2018 15h:51 CET

Ouyahia somme les résidents et enseignants grévistes d'"arrêter le train de l'anarchie"

NurPhoto via Getty Images
Ahmed Ouyahia Party Leader (RND) and Prime Minister Leads a Press Conference Saturday, January 20, 2018 in Algiers, Algeria, which will take place after the work of the National Council of RND (Photo by Billal Bensalem/NurPhoto via Getty Images)

En s'adressant aux militants de son parti le rassemblement national démocratique ( RND) à l'occasion du 21e anniversaire du parti à Biskra, Ahmed Ouyahia a décidé de mettre aussi son autre casquette pour charger violemment les grévistes de la santé et de l’éducation les sommants d'arrêter leurs mouvements. "Il est temps d'arrêter le train de l'anarchie", a-t-il tonné.

Jouant toujours sur la corde usée des printemps arabes pour stopper l'élan des mouvements de grève et le bouillonnement du front social, le premier ministre n'a pas joué la carte de l'apaisement.

S'adressant aux médecins résidents en grève depuis la fin du mois de novembre, Ouyahia préférera dire qu'ils "sont encore que des généralistes et que c'est grâce aux études que leur offre l'Algérie qu'ils deviendront spécialistes". Pour lui "certaines revendications des médecins résidents sont dépourvues de logique".

Affirmant que la solution la plus facile était d’annuler le service civil, le premier ministre s'est interrogé “est-ce que nous voulons une désert médical en Algérie ?”.

Les enseignants grévistes n'ont pas échappé non plus aux sarcasmes de Ouyahia, bien que les présents dans la salle avaient tenté faire entendre leurs voix. Le secrétaire général du RND fera appel à ses militants pour les traiter de "perturbateurs".

“L’anarchie, c’est tout ce que vous savez faire. Au lieu d’enseigner les enfants du peuple, vous faites dans l’anarchie”, a-t-il scandé soutenus par certains militants présents dans cette salle de Biskra.

Le premier ministre ne s'arrêtera pas là. Il se dit aussi solidaire de l’appel de ses députés et sénateurs pour une plus grande rigueur de la part du gouvernement vis-à-vis des grévistes. Il n’hésite pas à qualifier les enseignants de “pirates”. “On empêche les enfants d’étudier dans les écoles gratuites que l’Etat a mis à leur disposition, mais on enseigne dans les garages. Certains pirates exigent de faire payer aux élèves le droit d’étudier”, assène-t-il.

Le ton utilisé par le premier ministre na pas été du goût des internautes. Sur leurs pages les résidents ont commenté longuement le discours du premier ministre se disant scandalisés par les propos du premier responsable du pays après le chef de l'Etat.

D'autres internautes ont estimé que l'anarchie est au pouvoir et non ailleurs.

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