ALGÉRIE
15/02/2018 10h:30 CET

L'Egypte utilise des bombes à fragmentation dans le Sinai et s'en vante dans une vidéo

Dans une vidéo postée sur le compte Twitter du porte-parole officiel de l’armée égyptienne, des images de propagande passent en boucle montrant, entre autres, des militaires égyptiens chargeant des bombes à fragmentation à bord d’un avion de chasse égyptien. Destination: le Sinaï.

La vidéo s’intitule: “Opération totale Sinaï 2018”.

Les images de cette vidéo, qui est une mise en scène hollywoodienne de ce qui s’apparenterait à du “professionnalisme et de l’invincibilité militaires” ont été regardées avec intérêt par les défenseurs des droits de l’homme de l’organisation Amnesty International qui a fait appel à des experts pour identifier certaines des bombes que l’on voit.

Amnesty International a donc réagi dans un communiqué publié le 14 février pour interpeller l’armée égyptienne et lui demander de “cesser immédiatement l’utilisation des bombes à fragmentation”.

“Les bombes à fragmentation sont des armes à effets indiscriminés qui infligent des souffrances inimaginables des années durant après leur utilisation, raison pour laquelle elles sont interdites internationalement”, écrit Amnesty International.

L’organisation ajoute que l’aviation égyptienne a déjà maintes fois mené des raids aériens sur des zones densément peuplées dans le nord du Sinaï causant la mort de dizaines de civils, y compris des enfants.

Amnesty rappelle aussi que “le voile de censure et de secret” dans lequel l’armée égyptienne enveloppe tout ce qui se passe dans la péninsule “ont donné le sentiment aux forces présentes dans le Sinaï qu’ils peuvent commettre de graves violations des droits de l’homme dans une impunité totale”.

Les bombes identifiées par Amnesty international sur la vidéo de l’armée égyptienne sont de fabrication américaine et l’organisation a appelé les Etats fournisseurs à cesser l’exportation de ce type d’armes.

Le nord du Sinaï égyptien subit, depuis 2013, des opérations militaires qui frappent sans discrimination les civils et les groupes armés alors que les journalistes sont totalement interdits de pénétrer la péninsule.

Les très rares journalistes égyptiens qui ont continué à s’intéresser aux événements sanglants qui secouent le Sinaï et à la répression aveugle menée par le président Abdalfattah Sissi ont été harcelés, intimidés, poussés à l’exil ou jetés en prison. Ismail Al Iskandarani, jeune journaliste spécialiste du Sinaï, se trouve en prison, sans avoir été encore jugé, depuis novembre 2015.

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