ALGÉRIE
15/02/2018 11h:57 CET | Actualisé 15/02/2018 14h:04 CET

Chasse aux médecins résidents dans les rues d'Alger

RYAD KRAMDI via Getty Images
Algerian anti riot police surround doctors and dentists who are completing their residency stage of their studies during a sit-in outside La Grande Poste in the capital Algiers, on February 12, 2018, as part of a three-month-long strike protesting against compulsory civil service. / AFP PHOTO / RYAD KRAMDI (Photo credit should read RYAD KRAMDI/AFP/Getty Images)

Les médecins sont-ils devenus l'ennemi public numéro un en Algérie ? Oui, à se référer à la "chasse aux sorcières" menée par les forces de l'ordre à leur encontre dans les rues de la capitale. Après avoir échoué lundi à bloquer la marche des résidents, la police algérienne mène une inquisition contre eux. Interpellations de tout citoyen suspecté d'être médecin et arrestations forcées, selon des témoignages.

Le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA) s'est félicité mercredi 14 février 2018 de la réussite de la marche nationale de ses membres lundi 12 février dans les rues de la capitale.

Le Bureau national de ce Collectif a affirmé dans un communiqué que ces protestations pacifiques démontrent la "volonté, la force et le pacifisme" de cette organisation, malgré les mesures "injustes, immorales et illégales" auxquelles les médecins résidents font face depuis ce jour-là.

Le CAMRA a révélé dans le même document que plusieurs "confrères et consoeurs subissent des violences, sont interpellés, embarqués de force dans des autocars puis abandonnés dans des endroits isolés, bien loin de la capitale". Les protestataires sont ainsi embarqués vers d'autres communes telle Lakhdaria et Ain Taya, ou même vers d'autres wilayas comme Blida et Bouira.

Interpellations, menaces et mauvais traitements

Sur les réseaux sociaux, des résidents font part de leurs témoignages. Ils publient depuis lundi des textes ou des images pour raconter comment les agents de l'ordre interpellent à tout bout de champ et embarquent de force les protestataires.

Les victimes de cette "inquisition", qui ne touchent pas que le personnel médical, sont également "traitées comme des criminels" dans les commissariats, subissant parfois des menaces et des injures.

Un internaute a partagé ce matin le témoignage d'une résidente, "maltraitée et malmenée par la police algérienne, censée (me) protéger". Dans son texte (Post Facebook ci-dessous), cette résidente raconte qu'elle sortait du métro lorsqu'elle a été interpellée avec deux de ses amies.

"J'ai été conduite de force dans un commissariat, traitée comme une moins que rien, comme une criminelle, par des policiers, raconte-t-elle. Ils nous ont retirés nos papiers et nos téléphones, embarqués de force dans des bus étatiques (...) et nous ont jetés dans une autre wilaya, à Blida".

Mardi matin, un groupe d'autres médecins ont été arrêtés devant le CHU de Bab El Oued, quand leur "comportement ait été jugé suspect" de la part des forces de l'ordre. Ils se dirigeaient vers l’hôpital Mohamed Lamine Debaghine (ex-Maillot) lorsqu'ils ont été embarqués, après avoir refusé de céder aux ordres des policiers qui les sommaient de ... rentrer chez eux.

Le groupe de médecins a été libéré après 13 heures de détention au commissariat de la Casbah. Sur Facebook, ils affirment ainsi que les policiers ne leur ont donné aucune explication sur leur arrestation et ne leur ont pas fait signer un procès-verbal.

Le CAMRA, qui a publié de son côté plusieurs autres vidéos de médecins résidents embarqués dans des bus, a dénoncé dans son communiqué des mesures "immorales, illégales et injustes". Le Collectif a également affirmé que le mouvement ne cédera pas face à ces méthodes, "visant à les perturber et à les diviser".

Le personnel médical n'est toutefois pas le seul concerné par cette inquisition. Dans les rues de la capitale, il suffit que les agents de l'ordre suspectent un citoyen selon son apparence pour l'interpeller et lui poser des questions à propos de sa profession.

Nombreux ceux qui ont été interpellés, dans les stations de bus ou de métro, par les policiers, qui leur demandent s'ils sont des médecins et qui les somment de montrer leurs cartes professionnelles.

LIRE AUSSI:

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.