TUNISIE
16/02/2018 04h:37 CET

Quand "La baleine bleue", le jeu de la mort, fait des ravages

A pod of rare false killer whales (pseudo orca) swims off the coast of Paihia in the Bay of Islands, in New Zealand's North Island, April 13, 2013. False killer whales are a cetacean species that is rarely encountered in the wild. They swim in the open ocean often socializing with oceanic bottlenose dolphins. New Zealand's Bay of Islands is a popular tourist destination for dolphin and whale watching where killer whales have been seen to attack false killer whales. The two species are not closel
Stringer New Zealand / Reuters
A pod of rare false killer whales (pseudo orca) swims off the coast of Paihia in the Bay of Islands, in New Zealand's North Island, April 13, 2013. False killer whales are a cetacean species that is rarely encountered in the wild. They swim in the open ocean often socializing with oceanic bottlenose dolphins. New Zealand's Bay of Islands is a popular tourist destination for dolphin and whale watching where killer whales have been seen to attack false killer whales. The two species are not closel

Zaghouan, un dimanche de février, Mehdi, jeune garçon de 13 ans, s’est suicidé par pendaison. Un suicide qui lui aurait été imposé dans un jeu. Le jeu de la baleine, ou le “blue whale challenge”.

Pendant les 50 jours qui ont précédé son passage à l’acte, Mehdi avait suivi les consignes de la baleine, sa “baleine” (sorte de mentor, de tuteur, avec qui l’utilisateur est en contact tout au long du jeu).

Selon le délégué à la protection de l'enfance de Zaghouan, Mohamed Khemiri, contacté par Nessma TV, le suicide a bien été motivé par ce jeu macabre.

Il a précisé que cette conclusion est basée, essentiellement, sur les témoignages des parents de la victime.

Pour rappel, le procureur de la République a ordonné d'effectuer une autopsie sur le corps de la victime, toujours selon Nessma.

50 jours, 50 tâches

Les joueurs, qui ont entre 12 et 15 ans, doivent accomplir les différentes tâches et se filmer en pleine action, partager leurs photos ou vidéos sur les réseaux sociaux et les envoyer à leur “baleine”, comme preuve de leur engagement.

Quand un défi est validé, le joueur peut passer à un niveau plus élevé et relever une autre tâche le lendemain.

Les premiers jours, les défis à réaliser sont assez “soft”, comme par exemple écrire F57 sur sa main ou regarder des vidéos glauques (des rituels, musiques tristes, suicides…) à 4h20 du matin.

Mais plus on avance dans le jeu et plus les tâches à accomplir deviennent barbares et de plus en plus dangereuses.

Le défi numéro 14 par exemple consiste à se couper les lèvres, le défi 22 à s’asseoir sur le bord d’un toit les jambes dans le vide et le 50ème jour, à la toute fin du jeu, l’utilisateur a le devoir de se suicider.

Une machine à tuer

Le “blue whale challenge” est un jeu inventé par des Russes en 2016. Il s’est très rapidement diffusé sur le réseau social russe Vkontakte à une ampleur mondiale et revient à la mode depuis quelques mois.

Le jeu tient son nom d’une légende d’après laquelle la baleine serait capable de se suicider en s’échouant volontairement sur une plage.

Plutôt horrible non? La “baleine/mentor” a pour rôle de donner des tâches secrètes, personnalisées et de convaincre le joueur, de l’encourager, de le faire sentir important pour le pousser à aller jusqu'au bout, tout en le manipulant.

Mais ce n’est qu’un jeu diriez-vous? Pourquoi ne pas tout simplement arrêter quand ça nous chante? Eh bien ce n’est pas si simple car votre “baleine” vous en empêchera. Elle vous harcèlera et vous obligera à continuer coûte que coûte.

Ce jeu a fait des ravages. Plus de 150 morts ont été recensés dans le monde entier y compris en Tunisie.

En effet, Mehdi, un jeune garçon de 11 ans s’est donné la mort le 11 février 2018 à Zaghouan. Il est la première victime de “la baleine bleue” en Tunisie.

En Russie, l’un des créateurs de cette machine à suicide Philipp Boudeïkine a été arrêté et purge maintenant une peine de 3 ans et 4 mois pour incitations au suicide depuis juillet 2017.

Une première victime recensée au Maroc

Au Maroc également, une première victime du jeu a été recensée le 12 février dernier.

Selon le HuffPost Maroc, dans la ville de Benguerir, près de Marrakech, un jeune garçon de 13 ans a été sauvé in extremis et suit actuellement des soins psychiatriques suite à une sévère dépression nerveuse liée à la pratique de ce défi morbide.

Plusieurs médias, dont Selon Le Site info, rapportent le témoignage de ce jeune garçon qui aurait échappé de justesse à la mort. Ses parents rapportent qu'il présentait depuis quelques jours des signes inquiétants: manque d'appétit, perte de poids et d'intérêt pour les études, solitude et chagrin. Des symptômes qu'ils ont mis sur le compte de la fatigue suite à des nuits blanches passées sur Internet. Il se trouve que Brahim veillait tard la nuit depuis quelques mois sur des sites du Blue whale challenge. Une information vite confirmée par une infirmière qui a découvert une baleine bleue gravée sur son avant bras, signe d'appartenance à la communauté.

Le jeune garçon a affirmé vouloir arrêter de jouer mais a reçu des menaces de mort qui visaient aussi sa famille. En effet, le jeune homme aurait fourni des informations et détails de sa vie privée aux administrateurs du jeu afin d'instaurer une certaine relation de confiance entre eux.

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