TUNISIE
14/02/2018 09h:54 CET | Actualisé 14/02/2018 09h:57 CET

La Commission tunisienne des analyses financières dresse le profil des tunisiens impliqués dans des affaires de terrorisme

zabelin via Getty Images
Muslim rebel with automatic rifle and machine-gun belt

Publié en Avril 2017, les chiffres du rapport national de l’année 2017 relatif au blanchiment d’argent et du financement du terrorisme, fait par la Commission tunisienne des analyses financières sont ressortis aujourd'hui en marge de la séance d'audition à l'Assemblée des représentants du peuple de son président Chedly Ayari.

Ainsi, selon ce rapport, 46% des présumés terroristes tunisiens sont des ouvriers. En second lieu figurent les professions libérales avec un taux frôlant les 15%. Quant au chômeurs, ils ne représentent que 3%. Les élèves et les étudiants représentent 8% alors que les enseignants sont de 3%. Seulement 1,1% des personnes impliquées dans des affaires de terrorisme sont des “cadres de l’État”.

La CTAF précise, d’autre part, que 40% des Tunisiens arrêtés impliqués dans des affaires terroristes ont un niveau universitaire.

ctaf

D’après le site d’investigation Inkyfada, les religieux (imams, prédicateurs, enseignants coraniques…) ne représentent que 0,85% des prévenus. Par ailleurs, la part des représentants des forces armées (Intérieur et Défense) dans les actes et organisations terroristes s’élève à 1,2%, que ce soit dans la planification, la facilitation ou l’exécution. Ce qui réfute l’hypothèse que les forces armées ont été infiltrées par des terroristes.

Le rapport de la CTAF a également mis la lumière sur la répartition des présumés terroristes selon les régions. En effet, c’est la région du Grand Tunis qui abrite le plus de "terroristes" en Tunisie (32%). Cela pourrait être dû à la concentration des dirigeants et des chefs salafistes dans la capitale, estime le rapport. En deuxième position arrive le gouvernorat de Sidi Bouzid avec 14% des accusés. Un chiffre élevé expliqué par le fait que des mouvements salafistes et jihadistes existaient dans la région dans la décennie précédant la révolution et leur participation à des opérations violentes, particulièrement l’opération de Slimane (décembre 2006).

Les données dévoilées par la CTAF ont été élaborées en se référant aux dossiers et documents judiciaires disponibles auprès des tribunaux de 2011 à fin 2015. L’équipe de recherche a consulté 384 dossiers où figurent quelque 2224 accusés de terrorisme. Environ 1000 cas de terroristes présumés ont été analysés et compilés.

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