TUNISIE
14/02/2018 11h:47 CET

La Commission tunisienne des analyses financières a prévenu le gouvernement d'éventuels classements négatifs pour la Tunisie

Amine Landoulsi/Anadolu Agency/Getty Images
TUNIS, TUNISIA - APRIL 11: Tunisias Central Bank Chairman Chedly Ayari speaks to press after cooperation agreement signing ceremony between two countries in Tunis, Tunisia on April 11, 2017. (Photo by Amine Landoulsi/Anadolu Agency/Getty Images)

Le Président de la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF), Chedli Ayari a déclaré que 50 ou 60 correspondances ont été envoyées par la CTAF au gouvernement pour l’avertir d’éventuels classements de la Tunisie dans plusieurs domaines, dont les classements de commissions financières internationales alors que les membres de la commission soulignent que "la Tunisie dispose de plusieurs législations relatives au blanchiment d'argent mais leur application laisse à désirer".

Ayari a reconnu, au cours d'une séance d’audition, organisée, mercredi, par la Commission des finances, de la planification et du développement à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) que la Tunisie avait des craintes concernant la réunion du GAFI en Argentine (Novembre 2017) et que la Commission a obtenu l’engagement du gouvernement d'engager les actions nécessaires. Et d’ajouter qu’une réunion avec le Chef du gouvernement a permis la répartition des mesures demandées aux ministres concernés afin de commencer à travailler sur ces engagements.

Le Parlement européen a classé la Tunisie, le 7 Février 2018, sur la liste des pays susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme avec 357 voix en faveur de la motion de rejet de la nouvelle liste, 283 voix contre et 26 abstentions.

Ayari a déclaré que le classement de la Tunisie par le Parlement européen n'était pas attendue, d'autant plus que la question avait été confiée à des organisations internationales et n’a pas de lien avec l’Union Européenne (UE). Il a avancé que l'UE n’a pas tenu compte de l'évaluation du GAFI (Groupe d’action financière), qui a placé la Tunisie dans la catégorie, dite, des "pays sous surveillance", qui désigne les pays qui sont en train d’améliorer leur dispositif et ont des engagements fermes, dans ce sens.

Il a mis l’accent sur des correspondances des parlementaires européens qui dénonçant "cette intervention violente et arbitraire de leurs collègues dans l'évaluation de la Tunisie en considérant que le classement de la Tunisie n'était pas programmé, ajoutant que les responsables internationaux n'ont pas soulevé cette question et ont été surpris par ce classement, parmi lesquels Patrice Bergamini, Ambassadeur de l'Union Européenne (UE) en Tunisie qui avait déclaré que ce classement n'est pas une sanction de la Tunisie".

a fait savoir que la sortie de la Tunisie sur le marché financier international au mois de mars ou avril 2018, sera plus difficile, ajoutant que le classement de la Tunisie sur la liste noire n’aura pas d’impact important.

"Si la Tunisie n’arrivera pas à mobiliser des fonds sur le marché financier, cela sera le résultat de mauvaises politiques économiques", a-t-il encore dit.

Ayari a souligné que le gouvernement tunisien s’est engagé à faire sortir le pays de cette liste noire et à trouver la solution à cette question.

Les experts de la CTAF ont affirmé que la Tunisie a respecté 26 critères sur un total de 40 exigés par le Groupe d'action financière "GAFI" au cours de la dernière évaluation du pays.

Ils ont ajouté que la Tunisie a été classée dans des rangs plus avancés que les pays européens et arabes, mais le système législatif du pays manque d'efficacité.

L’expert de la CTAF, Chakib Adib a souligné que la Tunisie n’a pas réellement appliqué ces conditions, alors que les institutions d'évaluation les considèrent importantes dans la classification des pays.

Le Secrétaire général de la CTAF, Lotfi Hachicha a indiqué que le GAFI a salué les progrès législatifs de la Tunisie: "Nous travaillons dans un système (lois, la législation), considéré comme la responsabilité de toutes les parties intervenantes (le pôle judiciaire et financier, les structures de contrôle et les professions non financières)".

Hachicha a mis l’accent sur la nécessité de consolider les ressources de la commission tunisienne des analyses financières, soulignant que la commission a récemment, annoncé, l'organisation d'un concours pour recruter des spécialistes.

En marge de son audition par la commission des Finances de l'Assemblée des représentants du peuple, en sa qualité de président de la Commission tunisienne des analyses financières, le gouverneur de la Banque centrale Chedly Ayari a affirmé qu'il ne resterait pas à la tête de l'institution "même si les députés votent pour mon maintien" a-t-il assuré.

"J'ai toujours dit que je tire ma légitimité de l'Assemblée des représentants du peuple (...) et même si la décision de l'Assemblée m'est favorable, moi je ne resterai pas!" a-t-il indiqué avant d'ajouter: "Je considère que ma mission est terminée. C'est fini!".

L’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) tiendra une séance plénière, jeudi, pour approuver la décision de limogeage du Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Chedly Ayari et une autre séance sera tenue, jeudi après- midi, pour adopter la nomination du nouveau gouverneur de la BCT proposé par le chef du gouvernement et approuvé par le président de la République, à savoir, Marouane Abassi.

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