ALGÉRIE
12/02/2018 08h:51 CET | Actualisé 13/02/2018 09h:13 CET

Face à l'interdiction d'importation, Wiko lance à son tour une "unité d'assemblage" de smartphones

Wiko

À l'image des concessionnaires automobiles ou de ses concurrents Samsung et LG, Wiko, la déclinaison française de la marque chinoise Tinno, a lancé son "unité de montage SKD" ce mois-ci pour contourner l'interdiction d'importation des smartphones et continuer de s'assurer une part du marché algérien.

Annoncée en grandes pompes lundi 11 février lors d'une cérémonie à la résidence du consul français à Alger, cette "unité d'assemblage" a été créée en association avec le groupe algérien Sacomi Electronics, le partenaire "production et distribution" de Wiko.

L'unité en question est une extension de l'atelier de Sacomi à El Achour à Alger qui assure déjà l'assemblage pour Thomson, Asus et Samsung. Deux modèles de téléphones ont déjà été assemblés selon M. Carmeille et leur distribution se fera début mars. Sacomi assemblera 10 modèles de la nouvelle gamme des smartphones Wiko à terme, de basse et moyenne gamme.

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Durant l’événement, Didier Carmeille, le directeur régional MENA de Wiko, et Ahmed Miliani Thiba, directeur général de Sacomi, ont animé un point de presse durant lequel ils sont restés évasifs sur les détails de ce projet.

M. Carmeille dira que Wiko souhaite atteindre un million de téléphones assemblés par an et destinés au marché local. Sans révéler le nombre de téléphones vendus en 2017, le responsable espère que la marque entrera dans le top 3 des vendeurs de smartphones en 2018.

Le DG de Sacomi a d'abord parlé d'un taux d'intégration de 25%. Questionné sur une éventuelle exigence de 35% de taux d'intégration dans un cahier des charges à venir, le responsable s'est rétracté en disant qu'il a parlé de "25% en valeur". M. Miliani Thiba, qui a refusé de révéler le coût de l'unité, a ajouté que les autorités n'exigent pas pour le moment un taux d'intégration spécifique aux assembleurs de smartphones. "Si dans le futur, on exige un certain chiffre, on va l'assurer", a-t-il lancé.

Il est donc resté vague sur le processus d'assemblage assuré ou des composants qui peuvent être fabriqués localement par l'entreprise qu'il dirige. "Les fabricants algériens de l'électroménager par exemple ont la possibilité de construire des composants comme les cartes-mères par exemple", s'est-il contenté de dire.

Selon la communication de Wiko, cette unité assurera 100 emplois directs avec comme objectif de doubler ce chiffre dans 6 à 8 mois. 200 autres employés indirects, selon la même source, évolueront dans l'écosystème de l'unité.

A rappeler que l’entreprise n'employait que 130 personnes en France en 2015, dont un nombre très limité d'ingénieurs. Pour des analystes, la PME française Wiko Mobile assure juste la localisation et le marketing des smartphones de Tinno importés de Chine.

Créée à Marseille en 2011.Wiko, est récemment devenue 100% propriété de la maison-mère chinoise Tinno après l'acquisition des parts du président Laurent Dahan. Ce dernier a été remplacé par le responsable chinois James Lin.

Devenue numéro deux du marché français en terme de ventes grâce à ses téléphones abordables, la marque s'est installée en Algérie en 2013.

Wiko s'est retrouvé récemment au sein d'une polémique concernant la protection des informations de ces utilisateurs. Un hacker a révélé que la compagnie envoyait des données de ces clients en Chine, dont le numéro IMEI, le numéro de client, la localisation de la cellule GSM, le tout sans l'accord de l'utilisateur.

Wiko France n'a pas nié ces informations mais a promis de "modifier son traitement de données".

Les fabricants de smartphones ne visent visiblement pas l'exportation en s'installant en Algérie, le coût de l'assemblage étant similaire à celui de l'importation, de l'aveu même de Didier Carmeille. En lançant des "unités d'assemblage" dans le pays, ces marques veulent continuer à vendre des gadgets en Algérie après l'interdiction d'importer des téléphones mobiles en 2018. Il reste à savoir si ces ateliers peuvent atteindre les chiffres de production annuelle annoncés (1,5 million d'unités pour Samsung, 1 million pour LG et 1 million pour Wiko, en plus des marques locales Condor, Iris etc), et si le marché peut absorber autant de téléphones.

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