TUNISIE
12/02/2018 15h:15 CET

Sur 31.000 jeunes convoqués pour le service miliaire en 2017, seulement 506 se sont présentés déplore le ministre de la Défense

ARP

Un nouveau projet de loi pour l’amélioration des conditions et de l’efficacité du service militaire a été élaboré par le ministère de la Défense, annonce Abdelkrim Zbidi.

Auditionné par la Commission de la sécurité et de la défense à l’Assemblée des représentant du peuple (ARP), Zbidi a expliqué que le projet dispose que la situation des demandeurs d’emploi dans les secteurs publics et privé envers le service national doit être régularisée d’avance.

Il propose l’annulation du mécanisme des affectations individuelles, qui, selon le ministre, s’oppose au principe d’égalité devant la loi.

“Le projet propose, par ailleurs, l’accomplissement du service civil au sein des ministères, collectivités locales et établissements publics. Cette formule, plus efficace, incitera les jeunes à assurer le service national et permettra de participer, d’une manière indirecte, à l’impulsion de la vue économique dans le cadre de partenariats signés avec les structures en questions”, a expliqué Zbidi citant l’exemple des médecins qui pourraient, dans le cadre de pareils partenariats être affectés dans les régions intérieures.

Parmi les nouveautés contenues dans ce projet, figurent aussi le renforcement du principe d’égalité homme-femme devant le service national et l’encouragement des jeunes à suivre des formations professionnelles dans le cadre du service national.

Il existe 10 centres militaires de formation professionnelle dans les grandes villes de Grand Tunis, Bizerte, Gafsa, Béja, Nabeul et Gabès. Leur capacité d’accueil s’élève à 1500 stagiaires dans des spécialités adaptées aux besoins de leurs régions, a-t-il tenu à préciser.

Zbidi a affirmé que sur un ensemble de 31 000 jeunes convoqués pour le service miliaire en 2017, seulement 506, soit 1,65%, se sont présentés. Selon lui, l’armée nationale n’est, cependant, pas capable d’accueillir tous le jeunes qui devraient passer le service chaque année et dont le nombre s’élève à 60 000.

Le ministre a en outre, affirmé qu’en réponse au décret présidentiel portant révision et promotion du cadre législatif du service national, une commission a été créée au sein du ministère de la Défense en vue d’organiser une consultation nationale pour examiner les moyens capables de promouvoir le cadre législatif régissant le service militaire en Tunisie.

Zbidi a également expliqué que les recommandations d’une rencontre nationale organisée à ce sujet insistent sur le maintien du caractère obligatoire du service militaire et la création d’un service civil au sein des ministères, des collectivités locales et des établissements publics.

Selon Zdibi, un sondage d’opinion élaboré par un bureau d’étude a démontré que les femmes tunisiennes étaient prêtes à passer le service militaire en cas d’amélioration de l’infrastructure. Selon ce même sondage, le citoyen tunisien n’a aucune idée du service militaire. “L’étude a également démontré la nécessité de réviser les formules du service militaire et l’indemnité mensuelle des soldats”, a-t-il ajouté.

Les menaces terroristes persistent toujours

Les menaces terroristes sur les hauteurs à la frontière tuniso-algérienne persistent toujours a affirmé Zbidi.

Ce sont des menaces sérieuses, a-t-il dit, d’autant, que des éléments terroristes retranchés sur les hauteurs dans les gouvernorats de Kasserine, le Kef et Jenbouda continuent à planifier, selon les informations parvenues, des opérations ciblant les installations et les unités militaires, ainsi que des sites stratégiques. Des attaques projetées, selon le ministre, en réaction aux revers subis par les terroristes après les récentes offensives militaires à leur encontre.

Abdelkrim Zbidi a relevé que des menaces terroristes sont présentes aussi à la frontière sud-est du pays. Une menace résultant de la détérioration de la situation sécuritaire et politique en Libye.

“La Tunisie n’est pas à l’abri de ces menaces et les actions inattendues sont probables malgré les mesures prises au niveau des institutions sécuritaires et militaires et de la coordination avec les forces de sécurité intérieure”, a-t-il dit. Selon lui, les éléments terroristes (de nationalité tunisienne ou autres nationalités) continuent à s’infiltrer dans le pays pour exécuter des opérations terroristes ou rejoindre les groupes retranchés dans les hauteurs ouest. Ils projettent aussi de se ravitailler auprès des habitants des montagnes de Mghilla et Salloum à défaut de soutien logistique.

Et d’ajouter que l’arrestation le 6 janvier 2018 à Kasserine du “terroriste dangereux” Borhane Boulabi, a permis l’obtention d’informations importantes au sujet des groupes terroristes auxquels il est affilié. Au début du mois de janvier, l’Agence des renseignements et de la sécurité du ministère de la Défense a ainsi fourni aux unités sécuritaires des informations sur l’infiltration en Tunisie d’un terroriste algérien. Ce qui a permis de l’arrêter et de démanteler le réseau auquel il appartient.

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