TUNISIE
12/02/2018 07h:03 CET

Ennahdha durcit le ton: Rached Ghannouchi accuse le Front populaire de vouloir miser sur le déclenchement d'une guerre civile

Rached Ghannouchi (C), leader of Ennahda Party, speaks to the media after a meeting, as part of a dialogue between ruling Islamists and the opposition, which aims to pave the way for the formation of a transitional government, in Tunis November 2, 2013.   REUTERS/Zoubeir Souissi (TUNISIA - Tags: POLITICS)
Zoubeir Souissi / Reuters
Rached Ghannouchi (C), leader of Ennahda Party, speaks to the media after a meeting, as part of a dialogue between ruling Islamists and the opposition, which aims to pave the way for the formation of a transitional government, in Tunis November 2, 2013. REUTERS/Zoubeir Souissi (TUNISIA - Tags: POLITICS)

Dans une déclaration accordée à la radio Shems FM, le président du Mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi a affirmé dimanche en marge du congrès extraordinaire électif du Bureau régional de Béja, que les déclarations d'un député du Front Populaire ne considérant pas Ennahdha comme un parti politique est un "pari" sur le déclenchement d'une "guerre civile".

"Hier, un de leur député a dit qu'ils ne nous considéraient même pas comme un parti politique. Cela veut dire qu'ils parient sur l'échec de la démocratie" a-t-il ajouté.

Le président d'Ennahdha reproche au député du Front populaire d'avoir traité Ennahdha comme étant à l'origine du terrorisme en Tunisie: "Quand tu viens dire à un parti qui a été élu par un million ou un million et demi d'électeurs, qu'il n'est pas un parti politique et que tu le considères comme terroriste en lui faisant porter la responsabilité du terrorisme, cela s'apparente à un pari sur une guerre civile" a expliqué Rached Ghannouchi.

"Qui est-il pour exclure de fait 1,5 millions de Tunisiens?" s'est-il interrogé.

La déclaration du leader d'Ennahdha n'a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux, où de nombreuses personnes y ont vu une réelle menace du parti Ennahdha.

Légende: "Quand le dénommé Rached Kheriji (Ghannouchi) parle de guerre civile, il avoue implicitement détenir des armes. La question est où sont cachées ces armes et comment ont-elles pu rentrer en Tunisie? C'est la question que je souhaite poser à son associé au pouvoir" en faisant référence au parti Nidaa Tounes.

Légende: Où est notre police et notre armée? Comment laissent-ils Ennahdha ou un quelconque autre parti menacer d'une guerre civile???"

Légende: "À chaque fois qu'il menace ses détracteurs, c'est par la guerre civile"

Ennahdha durcit le ton

Avant ces propos tenus par Rached Ghannouchi, Ennahdha avait publié samedi un communiqué dans lequel il a annoncé qu'il poursuivra en justice les personnes et les médias qui mènent "une campagne de diffamation orchestrée" contre le parti.

"Face à la multiplication des campagnes de diffamation contre le parti Ennahdha et face à la poursuite de fausses accusations de certains médias (...) le bureau exécutif (...) a décidé de poursuivre pénalement les personnes et les institutions médiatiques qui s'inscrivent dans cette campagne" contre le parti indique le communiqué.

Le parti justifie cette décision par la "défense des acquis de la révolution pour un environnement démocratique propre et dans des médias libres et professionnels qui respectent l'esprit des Tunisiens. Il s'agit également de défendre le projet du mouvement et sa contribution au service de la Tunisie mais également de défendre les combats des martyrs, des prisonniers (...) du mouvement".

Le parti a annoncé qu'il a donné l'ordre au bureau des affaires légales en collaboration avec le bureau en charge de l'information de préparer les dossiers et de commencer à entreprendre les procédures nécessaires.

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